Le petit vélo jaune remet en selle les parents fragilisés

Le petit vélo jaune, qui propose un accompagnement solidaire, cherche des bénévoles
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Le petit vélo jaune, qui propose un accompagnement solidaire, cherche des bénévoles - © Tous droits réservés

L'opération Viva For Life, c'est reparti. Sarah, Ophélie et Adrien sont entrés ce mardi soir dans le cube, à Tournai. L'année dernière, 117 projets ont été soutenus grâce à l'opération. Parmi ceux-ci : celui du Petit vélo jaune, une association active à Bruxelles et dans le Brabant wallon. Elle propose un accompagnement solidaire des familles par des coéquipiers. 

Un coup de pouce pour l'agenda et l'administratif 

Ils se chambrent, un peu. Et rigolent, beaucoup. Samit et Jean-Pierre font équipe depuis bientôt deux ans. C'est le Petit vélo jaune qui les a mis en contact. Après une séparation, Jean-Pierre, 50 ans, s'est retrouvé seul, à devoir gérer ses quatre enfants. Un coup dur et une montagne de choses à gérer: " J'avais peur de baisser les bras, de les perdre et qu'ils soient placés. J'avais très peur. C'est pour cela qu'au début, je refusais tout suivi avec la juge".

Depuis, Samit l'accompagne dans son quotidien. "Quand on a commencé, le lundi, j'accompagnais les enfants à la psychomotricité, parce que quand on a quatre enfants, il faut gérer ceux qui ont une activité mais aussi les autres", se souvient ce manager d'entreprise. "Et puis, on s'est rendu compte que je pouvais apporter une aide dans d'autres domaines: par exemple, l'administration. Il y a un courrier que l'on n'écrit pas, parce que c'est comme un grand mur de béton devant nous, c'est un simple courrier. Et moi, j'en écris 100 par jour. Donc je peux aider".

Samit et Jean-Pierre s'entendent ou se voient 2 à 3 fois par semaine. Jean-Pierre dit qu'il lui donne de bons conseils, "lui qui peut parfois être une tête de mule". Samit a lui décidé de se lancer dans l'aventure parce que par le passé, sa famille a elle aussi été aidée: "Mes parents ont immigré. On a été aidé. Et à un moment, je me suis rendu compte qu'il fallait que je rende la monnaie de la pièce. A un moment, il faut aussi tendre la main. Quand on le fait, c'est une autre aventure qui se crée". 

Un accompagnement complémentaire du maillage associatif

Des binômes comme celui-ci, le Petit vélo jaune en compose depuis 2013. L'association propose un accompagnement solidaire des familles: "L'idée, c'est vraiment de proposer aux familles un soutien dans un moment difficile, un petit coup de pouce qui peut faire la différence. L'idée, c'est de faire équipe ensemble. Il n'y a pas de position de supériorité ou d'infériorité. On réfléchit ensemble, on envisage des solutions. Et cet accompagnement est complémentaire au maillage qui existe en matière de soutien à la parentalité", explique Vinciane Gautier, la coordinatrice générale du Petit vélo jaune. 

80 familles accompagnées en 2019

En tout, le petit vélo jaune aura accompagné cette année 80 familles. "On doit avoir 74 % de familles en situation de monoparentalité. C'est la grande majorité des familles que l'on aide mais ce n'est pas notre spécificité. Le dénominateur commun, c'est souvent beaucoup d'isolement, des familles qui n'ont pas dans leur entourage, un point d'appui, un membre de la famille sur lequel pouvoir se reposer. Ce qui n'est pas le cas de Jean-Pierre", poursuit Vinciane Gautier. 

Pour devenir bénévole, il ne faut pas de prérequis particuliers. "On a des critères très objectifs qui sont ceux de la géographie et puis d'autres qui le sont un peu moins comme des critères d’affinités. On rencontre les coéquipiers et on essaie de percevoir le profil de famille pour lequel il serait le plus 'adapté'. C’est différent de soutenir une jeune maman avec un bébé qu’une famille nombreuse avec 4 enfants. L’ambiance et les thématiques ne sont pas les mêmes". L'association est en recherche permanente de bénévoles. 

Quant à Jean-Pierre, il a reprend pied petit à petit, avec Samit: "Mon objectif dans la vie, c'est de voir que mes enfants ne manquent de rien qu'ils ont tout l'amour qu'il faut malgré qu'il y a pas de maman. Je fais le rôle des deux et j'en suis heureux".

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