Un pénis géant à la Barrière de Saint-Gilles: Bonom nie toute implication

Surprise à la Barrière de Saint-Gilles! Une fresque pour le moins interpellante a fait son apparition sur un mur aveugle de l'avenue du Parc, en face du fritkot de la Barrière. L’œuvre représente un pénis au repos, en noir et blanc. Elle daterait de ce dernier week-end.

Sur la page Facebook "I love Saint-Gilles", tout le monde y va de son interprétation. Pourquoi cette oeuvre? Pourquoi à cet endroit? Et surtout, s'agit-il de Bonom? Bonom, c'est Vincent Glowinski, ce graffeur dont la spécialité depuis une quinzaine d'années est de squatter les murs de la ville pour y réaliser des fresques monumentales, très peu colorées. Il a longtemps présenté des animaux et des êtres difformes. On lui attribue aussi la femme en pleine acte de masturbation place Stéphanie ou encore le vieillard nu sur la Petite Ceinture, à hauteur de la Porte de Hal.

Une revendication attendue

Alors, Bonom ou pas à la Barrière de Saint-Gilles? Bonom aurait cessé toute activité depuis peu. Tout le monde sur les réseaux sociaux attend une revendication, d'où qu'elle vienne, avec une certaine impatience. La RTBF a pu, ce mardi matin, entrer en contact avec Bonom. Est-il à l'origine du pénis de la Barrière? "Ce n'est pas moi bien entendu et je ne désire pas être mêlé à cette histoire!", réagit-il laconiquement.

Ce mardi matin, les autorités communales de Saint-Gilles s'expriment. Pour Carlo Luyckx, échevin PS de la Culture et de la Propreté publique, "aucune position n'a encore été arrêtée au sein du collège" qui attend un contact avec le propriétaire du mur. Il faut dire que l'art urbain est un sujet sensible auquel on ne s'attaque pas aussi facilement. Même si ce pénis est apparu dans un quartier populaire, où passent des familles et juste en face d'un institut catholique, l'Institut des Filles de Marie. Si le propriétaire décide de faire enlever la fresque, l'affaire sera close rapidement. Dans le cas contraire, la commune devra envisager de prendre position.

Interpellation au conseil communal

Le cdH de Saint-Gilles, dans l'opposition, a déjà décidé de porter "l'affaire" au conseil communal. Vincent Henderick, le chef de groupe, juge l'oeuvre "déplacée". "Elle n'a pas sa place à la Barrière de Saint-Gilles", réagit-il en dénonçant la sexualisation de l'art "pour frapper l'imaginaire des passants". Alain Maron, chef de groupe Ecolo, réagit également, mais différemment. "L'art, et le street art, a aussi vocation à interpeller et même, parfois, choquer. Quelles règles mettre en place à partir du moment où, de toute façon, il n'est pas permis (sans permis...) de peindre des façades visibles à rue, quel que soit le dessin? Ce genre de démarche, même avec une oeuvre moins polémique, est en soi une désobéissance", écrit-il sur Facebook. "Dès lors, aucun sens de légiférer en plus là dessus. Par ailleurs, il me semble que les services communaux et/ou la police ont autre chose à faire que de traquer les artistes de rue... des choses plus utiles aux Saint-Gilloises et Saint-Gillois. Et puis nous sommes inondés à Saint-Gilles de panneaux publicitaires aux contenus régulièrement stéréotypés ou misogynes et qui sont en fait vulgaires dans la mesure où cet "art"-là n'existe que pour vendre du brol..."

Une deuxième oeuvre dans le centre de Bruxelles

Le peintre de Saint-Gilles a-t-il en tout cas fait des émules ou a-t-il récidivé? En tout cas, une deuxième fresque tout aussi grande et interpellante a surgi sur un mur du centre-ville, cette fois illustrant une pénétration.  Elle est visible rue des Poissonniers, entre la rue Orts et la rue Sainte-Catherine. Selon nos informations, elle aurait fait son apparition la semaine dernière. Le collège de la Ville de Bruxelles abordera ce dossier, ce jeudi, lors de sa réunion hebdomadaire.

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