Le patron de la brasserie Dubuisson en appelle à la solidarité des assureurs pour aider les entreprises

Hugues Dubuisson, directeur de la Brasserie Dubuisson, à Pipaix
Hugues Dubuisson, directeur de la Brasserie Dubuisson, à Pipaix - © RTBF

Hugues Dubuisson a adressé deux courriers au Gouvernement Fédéral. Le patron des la Brasserie Dubuisson demande aux autorités "d’étendre les garanties de catastrophe naturelle, à l’actuelle catastrophe sanitaire, ou, à tout le moins, d’obtenir une participation des compagnies d’assurance, aux pertes abyssales que connaissent actuellement les entreprises de nombreux secteurs".

Le directeur de la brasserie hennuyère fait ici référence à ces milliers d'entreprises, d'artisans, de commerçants, d'indépendants qui sont à l'arrêt ou qui tournent au ralenti depuis deux mois… Ils doivent continuer de payer leurs frais fixes, au risque de plonger dans le rouge, voire de sombrer. Or, la plupart de ces sociétés sont couvertes par une assurance "perte d'exploitation". Une assurance qui dans ce cas-ci, ne leur a servi à rien.

Wauthier Robyns, porte-parole d'Assuralia le confirme: la pandémie n'est pas reprise comme dommage couvert par ce type d'assurance qui est en fait une extension de l'assurance incendie: "En Belgique, quand on souscrit une contrat d'assurance perte d’exploitation, il s'agit en général la perte d’exploitation qui est la conséquence elle-même d’un incendie, d’une explosion, d'un accident, etc. Mais il ne s'agit pas de la perte d’exploitation pour toute cause quelconque…". Autrement dit, si le contrat ne couvre pas explicitement la pandémie, l'assureur n'interviendra pas. Et Wauthier Robyns de citer un rare exemple de société qui avait pensé à se prémunir en cas de pandémie: le tournoi de tennis de Wimbledon qui sera donc dédommagé. Pour l'avenir, les assureurs planchent sur le sujet. La leçon est désormais apprise et il est certain que les entreprises envisageront une couverture pour ce type de dommage. Mais à quel prix? C'est toute la question...

Avant de parler des futurs contrats, Hugues Dubuisson en appelle à la solidarité des assureurs. Il demande un geste comme celui qu'ont fait certaines compagnies d'assurance en France et en Allemagne: "Est-ce qu'on ne peut pas, dans ces circonstances exceptionnelles, espérer une contribution des assurances notamment dans le cadre de cette garantie perte d’exploitation, compte-tenu que les assurances ont vu le nombre de sinistres diminuer pendant le confinement, notamment au niveau des accidents du travail, des accidents de la route , accidents de sport, incendies dans les maisons, dégâts des eaux etc... Alors que les primes, elles, ont continué à être payées par les particuliers et par les entreprises. La deuxième réflexion, c’est de se demander si sur le long terme, le monde des assurances n'a pas intérêt à aider les entreprises à garder la tête hors de l'eau. Car si elles plongent, c’est la faillite et cela représentera beaucoup moins de primes pour les assurances".

L'appel du chef d'entreprise est donc lancé. Aux assureurs, comme au gouvernement fédéral. Pour l'instant, il n'a reçu aucune réponse.

 

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