Le parquet de Charleroi prône la confiscation d'un héritage litigieux

Le site de Marcinelle-en-Montagne cité dans l'affaire de l'héritage en question
Le site de Marcinelle-en-Montagne cité dans l'affaire de l'héritage en question - © Ville de Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a entendu le réquisitoire du parquet, jeudi, dans un dossier de blanchiment impliquant la fille de l'ancien secrétaire communal de Charleroi, Gilbert Dehont, décédé en 1995. Cette dernière est soupçonnée d'avoir profité de sommes d'argent importantes détournées par son père au préjudice du centre de vacances de Marcinelle-en-Montagne.

Il fut longuement question de feu Gilbert Dehont, le secrétaire communal en fonction sous l'ancien bourgmestre de Charleroi, Lucien Harmegnies, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Le parquet soupçonne le défunt d'avoir détourné des millions d'euros au préjudice de Marcinelle-en-Montagne, un centre de vacances situé en Savoie et propriété de la Ville de Charleroi qui y organise les classes de neige de ses écoles communales.

"De nombreuses anomalies et des prélèvements injustifiés sur les comptes ont été constatés par les enquêteurs", explique la substitut Guisset. "M. Dehont invoquait des faux fournisseurs ou des fournisseurs en congé le jour des dépenses que l'on peut qualifier de somptuaires. Une caisse noire de neuf millions de francs belges (223 000 euros) n'avait d'ailleurs pas été déclarée. Tout le monde savait à l'époque que Marcinelle-en-Montagne était sa chasse gardée. M. Van Cauwenberghe avait d'ailleurs dû freiner les ardeurs de M. Dehont, notamment en matière de notes de frais de restaurant."

Si l'action publique est éteinte à l'encontre de l'ancien secrétaire communal, elle reste d'actualité pour sa fille Christine, soupçonnée d'avoir blanchi le trésor dont elle aurait hérité en connaissance de cause. Cette dernière nie toutefois les faits. "La déclaration de succession fut minime", poursuit le parquet. "Or les perquisitions ont permis de découvrir des tableaux, des oeuvres d'art, des titres et de l'argent caché au Luxembourg. Des témoignages font état des aveux de la prévenue qui dit avoir touché environ 425 000 euros de titres à la mort de son père."

Le ministère public poursuit également une "femme de paille" présumée qui aurait aidé Christine Dehont à dissimuler des biens. Les derniers faits remonteraient néanmoins à la période 1995-96 et seraient aujourd'hui prescrits. Le parquet a demandé l'élargissement de la période infractionnelle jusqu'à 2011 puisque, selon la thèse de l'accusation, l'infraction de blanchiment aurait poursuivi ses effets jusqu'à cette période.

Après avoir requis la suspension du prononcé à l'égard de Mme Dehont, la substitute Guisset a réclamé la confiscation (qu'elle qualifie de minime) d'une somme d'argent conséquente, de tableaux, d'oeuvres d'art, de grands crus et de bijoux.

Vu que cette demande "engendrerait la mort civile de sa cliente", Me Jean-Pol Schonnartz, qui plaide l'acquittement de Christine Dehont, a sollicité une remise afin d'examiner le réquisitoire de confiscation.

La suite des débats est prévue pour le 21 mai.

Belga

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