Le pari audacieux de Neibo, coopérative bruxelloise de téléphonie mobile

Vous ne connaissez pas encore son nom ? Normal ! Neibo est une coopérative de téléphonie mobile, lancée à Bruxelles en octobre 2018 mais qui vient juste de proposer ses premiers abonnements. Et encore seulement à destination de ses coopérateurs. Ils seraient quelques centaines (500 selon Neibo) à avoir déjà souscrit un abonnement sur les 2300 coopérateurs que compterait l’entreprise. Un démarrage discret mais remarqué. Après l’arrivée des coopératives dans de nombreux secteurs : bancaire, de l’agriculture, de l’alimentation, de la mobilité, voici à présent une coopérative dans le secteur très concurrentiel de la téléphonie mobile. Et cela mérite que l’on y accorde un peu d’attention.

Un opérateur virtuel et donc sans antenne ni installations techniques

Neibo va tenter de faire son trou sur le marché des opérateurs virtuels. Ceux qui ne disposent pas d’infrastructures techniques mais louent celles des grands opérateurs historiques, les opérateurs de réseau que sont Proximus, Orange ou Telenet/Base. Une trentaine d’opérateurs virtuels, aussi appelés MVNO (Mobile Virtual Network Operator) ont déjà vu le jour, en Belgique, depuis 2010, mais ils ne seraient plus que quelques-uns à avoir survécu, les autres ont jeté le gant ou ont été rachetés par plus gros qu’eux. Ce qui fait dire à David Wiame, expert en télécommunications chez test achats que le pari de Neibo est audacieux. "Pour survivre, il faut atteindre une masse critique d’abonnés (entre 100.000 et 300.000 abonnements) afin d’être rentable. Mais dans le même temps, la concurrence est rude et les opérateurs déjà bien installés peuvent fournir des offres très alléchantes. Il est donc difficile de conquérir de nouvelles parts de marché." Neibo, quant à elle, a choisi de travailler avec Orange.

Neibo devra convaincre les clients sensibles à l’argument éthique

Une concurrence très rude qui fait dire à notre expert que, pour réussir, Neibo devra absolument se singulariser. Quentin Verstappen, l’administrateur délégué de Neibo, ne dit d’ailleurs pas autre chose en insistant sur le rôle éthique de la coopérative. "Notre différence avec les autres opérateurs, c’est de proposer la transparence et la participation. En souscrivant une part de minimum vingt euros, les coopérateurs, outre la possibilité d’obtenir un abonnement avec une légère ristourne, ont le droit de participer aux décisions importantes. Ils participent à l’Assemblée générale et peuvent voter sur les sujets qui lui sont soumis : affectation des dividendes, ristournes, nouveaux investissements, allocation des bénéfices éventuels dans l’économie sociale ou des projets environnementaux en Belgique". Les services de Neibo sont actuellement en phase de test, la coopérative espère attirer 12.000 abonnés d’ici 18 mois.

Un démarrage "pour de vrai" au printemps 2021

Pour David Wiame, expert en télécommunication chez test achats, la clientèle ciblée devra sans doute accepter de faire des concessions sur les tarifs. Et pour cela, elle devra être convaincus par l’exemplarité du projet Neibo. Comment les rassurer ? Neibo est certes partenaire de la coopérative bancaire NewB, elle a été agréée par le Conseil National de la Coopération. Il lui manque par contre le label Financité & Fairfin (Un label certifiant que le produit finance des activités génératrices d'utilité sociale et/ou environnementale). Les démarches sont en cours, rassure Quentin Verstappen, administrateur délégué. Alors Neibo pourrait-elle réussir son entrée dans la cour des grands ? Pour le savoir il faudra encore un peu de patience. La campagne de communication ne devrait commencer qu’au printemps prochain.

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