DHL investit pour 114 millions d'euros à l'aéroport de Zaventem

"Le nouveau hub de DHL est un signal de confiance pour notre économie" selon Kris Peeters
"Le nouveau hub de DHL est un signal de confiance pour notre économie" selon Kris Peeters - © Tous droits réservés

DHL, le leader mondial du transport express, va investir 114 millions d’euros à Zaventem. L’entreprise va se doter d’un nouveau hub, un nouveau centre d’opérations au sein de l’aéroport. Une bonne nouvelle avec, à la clé, 200 emplois qui devraient être créés pour 2020. Un investissement qui renforce le rôle central de Bruxelles dans le commerce international.

C'est en quelque sorte un déménagement, hors d'un bâtiment qui date de 1957 et utilisé aujourd'hui au maximum de ses capacités. DHL va donc se doter de nouveaux espaces de bureaux et d’un nouveau centre de tri, pour une surface totale de près de 36.500 mètres carrés.  Le but est de répondre à la croissance constante des activités de DHL à Bruxelles sur les 5 dernières années. Après un investissement de 114 millions, la capacité d’envoi de DHL à Zaventem serait triplée. Evidemment, c’est une bonne nouvelle en termes d’emploi, puisque ce sont 200 emplois qui devraient être créés pour 2020.

Ces nouveaux investissements renforcent la place de Bruxelles comme plaque tournante du commerce international en Europe. Les possibilités d’exportations belges s'en voient également renforcées.

Pourquoi?

Chez DHL Belgique, on affirmait il n'y a pourtant pas si longtemps que cela (par l'intermédiaire de l'administrateur délégué en Belgique) que le marché de la logistique et l'express perdait du terrain chez nous. Et que la croissance de DHL (à l'époque en 2013) n'était due qu'à une augmentation de ses parts de marché en Belgique - au détriment de ses concurrents directs, donc. Si l'on en croit Koen Gouweloose, directeur général de DHL, les choses ont aujourd'hui changé: "Le marché de l'Express est en croissance, en effet. D'abord, les PME cherchent de nouveaux marchés, et nous offrons un service porte-à-porte. Ces entreprises peuvent donc se concentrer sur la vente et nous nous chargeons du reste, comme les formalités de douanes par exemple. Et le deuxième aspect: les ventes par internet. Elles connaissent une croissance énorme pour l'instant. Et la Belgique reste extrêmement bien située à cet égard."

Les rapports entre la Belgique et DHL n’ont pourtant pas toujours été faciles. On se souvient en 2004, du bras de fer entre l’entreprise et le gouvernement Verhofstadt de l’époque. DHL menaçait de supprimer 1000 emplois si on ne l’autorisait pas à tripler le nombre de ses vols de nuit. Peu après DHL déménageait une partie de ses activités à Leipzig, en Allemagne.

Mais DHL n’a jamais totalement disparu du tarmac bruxellois pour autant, puisque 1000 personnes sont toujours employées à l’heure actuelle par la compagnie. Et l'investissement annoncé n'implique en rien que DHL abandonne ses activités à Leipzig. Il ne s'agit donc pas d'un "retour" de DHL à Bruxelles.

Plus de vols de nuit?

Tripler la capacité des envois ne signifie-t-il pas par ailleurs augmenter, en conséquence, le nombre de vols de nuit? Réponse claire de Koen Gouweloose: "Non. On n'a pas besoin de vols de nuit supplémentaires. Les limitations actuelles seront respectées".

Charles Sohet, président de l’association de riverains piste 01 (zéro une) ne cache pas sa surprise : " toutes les associations estiment qu’il faut trouver une solution pour le survol de Bruxelles et du Brabant Wallon et on vient nous annoncer qu’il va y avoir énormément d’investissement et donc davantage de vols. "

Quant à l’assurance de la part de DHL de ne pas augmenter les vols de nuit, elle ne semble pas satisfaire, loin de là : " Ce n’est pas du tout une garantie. Il n’y aura peut-être pas plus de vols de nuit. Mais je n’en sais rien. Et ce qui est dit aujourd’hui pourra être détruit demain. Et ce n’est pas particulièrement DHL, il y a manifestement une volonté une volonté de BA d’augmenter sa capacité, ça peut passer par DHL ou d’autres compagnies. Pour l’instant le survol est devenu totalement ingérable, ça explose de partout et la seule chose qu'on nous dit c’est que l’on va voler plus. "

Maxime Paquay

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