Le mystère du berger : cette toile est-elle de la main de Van Gogh ?

Bruxelles: deux tableaux de Van Gogh à vendre mais pas authentifiés
Bruxelles: deux tableaux de Van Gogh à vendre mais pas authentifiés - © Tous droits réservés

Ce jeudi soir, la galerie Ferraton, à Ixelles, va mettre aux enchères deux toiles exceptionnelles, un grand buste de berger et une petite tête de paysanne. S’ils sont exceptionnels, c’est par leur auteur : Vincent Van Gogh. Le souci, c’est que leur authenticité ne fait pas vraiment l’unanimité.

L’expert contre le Musée Van Gogh

Les toiles sont censées dater de 1884. Van Gogh les aurait peintes à Nuenen, aux Pays-Bas. Benoît Landais est expert. C’est lui qui a authentifié le grand buste de berger, lui qui garantit donc que c’est un vrai Van Gogh. Sur base de quoi ? "Sur les portraits de la période hollandaise, c’est assez facile à voir, parce qu’il y a un certain type de tons cuivrés. Il y a aussi des détails caractéristiques : le blanc de l’œil, certains traits du visage… Et surtout, on a l’impression qu’un modèle de Vincent pense".

Problème : une institution fait autorité en matière d’authentification de Van Gogh : le musée Van Gogh d’Amsterdam. Et ce musée a, à deux reprises, en 2001 et 2008, estimé que cette toile n’était pas du peintre néerlandais. Les experts n’ont même pas demandé à voir les toiles : une simple vision de photos a suffi à emporter leur conviction. Et ça, Benoît Landais, ça l’énerve : "Il n’y a pas d’expertise, il y a une opinion : l’opinion d’un seul conservateur, pas de cinq ! "

Pour chaque artiste, des experts désignés

Quand deux experts ne sont pas d’accord, à qui faire confiance ? "Il y a toujours pour chaque artiste des experts désignés ou qui ont la notoriété", explique Inga Rossi-Schrimpf, directrice des collections et de la recherche aux Musée Royaux des Beaux-Arts. "Donc évidemment pour Van Gogh, le Musée d’Amsterdam, qui fait quand même des recherches depuis des décennies, s’impose".

Damien Voglaire, le directeur de la salle des ventes, a pourtant un argument en faveur de l’authenticité de cette œuvre : une expertise selon laquelle les pigments utilisés pour peindre aussi bien le portrait que la signature, dateraient de 1885 à 1900. C’est-à-dire à une période où Van Gogh, relativement inconnu, n’attirait pas les faussaires.

Les estimations publiées par la galerie parlent d’une valeur de 3 à 5 millions d’euros. On verra ce soir ce que les acheteurs potentiels en pensent.

Sujet du JT du 22/10/2020

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