Le Musée Wiertz n'accueille qu'une quinzaine de visiteurs chaque jour

L'atelier du peintre Antoine Wiertz à Ixelles
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L'atelier du peintre Antoine Wiertz à Ixelles - © Véronique FIEVET - RTBF

Derrière le parlement européen, le Musée Antoine Wiertz, expose les œuvres monumentales du peintre romantique belge, décédé à Bruxelles en 1865. En cette période de fêtes, l'atelier de l'artiste voit passer quelques dizaines de touristes chaque jour. Mais cette affluence relative est plutôt rare, le musée n'accueillerait que 4000 visiteurs en moyenne par an, soit une quinzaine par jour. Une fréquentation dérisoire si l'on tient compte des frais de fonctionnement du musée. Chauffage, surveillance, conservation des œuvres. Chaque visiteur "coûterait" ainsi 62 euros.

Le musée Wiertz fait partie des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), une institution fédérale malmenée depuis quelques années. Elle a perdu 20% de son personnel en dix ans et sa dotation a été réduite de 21% entre 2011 et 2016. Pour Samir Al-Haddad, porte-parole des MRBAB, il a donc fallu faire des choix et notamment celui de fermer le musée Wiertz (ainsi que le musée Constantin Meunier) pendant les week-end. "C'était la seule solution, sinon il fallait les fermer définitivement", ajoute-t-il. 

Une décision qui aurait été d'autant moins compréhensible que l'atelier du peintre venait d'être rénové à grands frais par la régie des Bâtiments.

Les MRBAB ont donc choisi de concentrer leurs efforts (et leurs moyens) sur les musées qui attirent de nombreux visiteurs, comme le Musée Magritte, et le Musée Fin-de-Siècle. D'autant que ces derniers sont payants et assurent donc des rentrées financières (Ticket d'entrée, shop, cafetaria..) alors que le musée Wiertz est gratuit, conformément aux volontés de l'artiste. 

Des arguments qui ne convainquent pas Bernard Hennebert, écrivain et défenseur d'un large accès à la culture. "Pourquoi ne pas fermer en semaine et ouvrir les samedis et dimanches, lorsque les gens sont disponibles. Cela ne devrait pas coûter plus cher", affirme-t-il. Il regrette aussi la quasi absence de promotion des deux "petits" musées (Wiertz et Meunier). Alors pour éviter la mort lente qui guette ces musées, Bernard Hennebert a lancé une pétition qui a reçu à ce jour de 2000 signatures. Sans réussir pour le moment, à faire bouger les Musées royaux qui maintiennent : "la situation catastrophique, financière et sociale, de nos musées ne ressort pas de notre volonté. On aimerait avec plaisir ouvrir plus si on nous en donner les moyens."

Il n'est toutefois pas question, à ce stade, de fermer le musée Wiertz. Ce serait l'aveu d'un échec, conclut Samir Al-Haddad.

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