Le Musée de la Photographie de Charleroi attaque le Musée de la Photographie de Bruxelles

Le Musée de la Photographie de Bruxelles.
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Le Musée de la Photographie de Bruxelles. - © D. R.

Le Musée de la Photographie de Bruxelles n'exposera plus, du moins pour le moment, le temps de régler le conflit qui l'oppose avec le Musée de la Photographie de Charleroi. Au travers de courriers d'avocats, l'institution carolo exige que le Musée de la Photographie de Bruxelles abandonne le titre "Musée de la Photographie", sous peine d'une demande d'astreinte de 500 euros par utilisation sur papier ou sur Internet.

"Ceci n'est pas un musée"

Le Musée de la Photographie de Bruxelles est une initiative de l'ASBL Recyclart, rue des Ursulines à Bruxelles. Mais ce musée n'en est pas vraiment un, il ne dispose que d'espaces de stockage de sa collection mais pas de véritables espaces d'exposition. Depuis juin dernier et son ouverture à Recyclart, ce musée présente désormais ses collections sur invitation, de manière itinérante: Gand, au Wiels à Forest... Un musée nomade en fait. Son initiateur Vincent Beeckman a en fait pour objectif de créer un "projet de musée" dont l'objectif est de montrer la photographie de manière "libre, démocratique et simple".

Reste que la démarche ne ravit pas tout le monde, le Musée de la Photographie de Charleroi, inauguré il y a 30 ans, en première ligne. Pour celui-ci, le musée bruxellois lui porterait préjudice en termes d'image, créant une confusion dans l'esprit des visiteurs potentiels, les deux musées n'étant liés d'aucune manière.

Dans une lettre ouverte (à lire ici), des soutiens du musée bruxellois s'adressent au Musée de la Photographie de Charleroi et aux acteurs du monde belge de la photographie. Andrea Copetti, l'un de ses auteurs, ne comprend pas les actions menées au départ de Charleroi. "L'objectif du musée bruxellois n'est pas de prendre l'appellation de musée", explique ce gérant d'une librairie de photographies. "Il s'agit de recherches artistiques. Son travail est reconnu puisqu'il est invité à présenter ses travaux par d'autres musées. D'ailleurs, M. Beeckman se moque de la notion de musée en tant que telle."

Dans la lettre ouverte, les auteurs expliquent: "Le fait que Recyclart se définisse comme “musée” est naturellement un grand clin d’œil. Une preuve de son originalité et de son sens de l’humour. Une forme de remise en perspective. Bien entendu, le Musée de la Photographie de Bruxelles/Museum van de Fotografie van Brussel n’est pas un musée. C’est clair aux yeux des photographes, c’est clair aux yeux des visiteurs, c’est clair aux yeux du Recyclart. Les avocats du musée à Charleroi ne sont pas sensibles à l’humour."

Une décision prochainement

La lettre ajoute une note concernant le montant de l'astreinte exigée: "Recyclart ne dispose pas de cette somme, ou du moins il souhaite l’affecter à d’autres projets, plus constructifs que de s’acheter le droit de montrer leur collection alternative, pour ne pas dire de se voir accorder le droit de la montrer. Et ceci de la part de qui? D’une institution qui se fixe comme objectif de permettre à chacun de développer son sens critique et de s’ouvrir à la créativité photographique et qui promeut les initiatives qui favorisent les regards multiples pour une approche stimulante et sans cesse renouvelée de la photographie. Pour autant que ça se passe dans son cadre?"

Pour les auteurs de la lettre, le Musée de la Photographie de Charleroi veut carrément "tuer" le projet bruxellois.

La porte-parole du musée de la Photographie de Charleroi, que la RTBF a contactée, n'a pas souhaité réagir ce week-end à ce dossier, nous renvoyant vers une future communication, la semaine prochaine.

Pour l'ASBL Recyclart, pas de déclaration non plus. Prochainement, "nous prendrons la décision de maintenir l’appellation ou pas", nous dit-on sommairement.

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