Le mouvement ATD-Quart-monde veut maintenir la solidarité malgré la crise

Maintenir le lien avec les personnes isolées ou en situation précaire. Un défi pour le mouvement ATD
Maintenir le lien avec les personnes isolées ou en situation précaire. Un défi pour le mouvement ATD - © Tous droits réservés

La crise sanitaire et le manque de contacts sociaux sont particulièrement lourds à supporter pour les personnes isolées, ou en situation précaire. Le mouvement ATD Quart-monde (ATD : Agir Tous pour la Dignité : https://www.atd-quartmonde.org/qui-sommes-nous/notre-histoire/) tente néanmoins de maintenir entre ses membres, ces liens précieux, tissés au fil du temps. Mais à l’heure où les rencontres "en vrai" sont réduites au minimum, il a fallu se réinventer. C’est le cas de la cellule ATD de Molenbeek où désormais les contacts passent par les écrans et par beaucoup de chaleur humaine !

Marc a retrouvé un logement, Martine suit des cours d’alphabétisation

La sonnerie Skype rappelle que nous sommes jeudi, quatorze heures. C’est l’heure désormais du rendez-vous pour Zian, Philippe, Jean-Jacques, Anne et les autres. Les derniers réglages sonores terminés, chacun peut enfin échanger les nouvelles. "Pas tous ensemble, sinon, on ne se comprend plus". "Une bonne nouvelle à vous annoncer, Marc a retrouvé un logement, Martine va pouvoir suivre des cours d’alphabétisation grâce à la ligue Braille". De moins bonnes aussi, Il faut prévoir un petit texte pour la cérémonie d’hommage à un copain disparu. Après viendra la discussion du jour : comment aider les seniors dans la crise. Chacun y va de son idée. Zian nous explique l’importance qu’ont pris ces rendez-vous dans sa vie.

Sans eux, je ne serais peut-être plus là

"J’étais fort isolé, sans contact avec ma famille et comme je suis à mobilité réduite, je passais beaucoup de temps seul dans ma chambre. Depuis deux ans, grâce au mouvement, j’ai des amis et cela fait du bien. Oui, je peux dire que mentalement, ATD m’a sauvé la vie. Même par écran interposé, ces rencontres cassent la solitude". Il y a un an, ce précieux entourage aurait bien pu disparaître avec le confinement. Mais pour Anne Germain, qui anime la cellule ATD de Molenbeek, il n’était pas question de baisser les bras. "On s’est dit dès le départ qu’il ne fallait laisser personne sur le côté. Au début, on s’est téléphoné, puis progressivement, on s’est équipé. Un casque, une tablette… Nous avons fait appel aux bonnes volontés, à la ligue braille, on a trouvé des petits cours et cela a marché".

Alors bien sûr, rien ne remplace une visite à l’occasion. Quand Anne rend visite à Zian, elle reste sur le pas de la porte. Mais ce réconfort, il ne l’oubliera pas, même quand le covid ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

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