Le Mons Memorial Museum ou comment la guerre bouleverse les destins

Mons Memorial Museum montre comment la guerre bouleverse les destins
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Mons Memorial Museum montre comment la guerre bouleverse les destins - © Tous droits réservés

La Ville de Mons se dote en ce printemps 2015 de quatre nouveaux musées. Parmi eux, le MMM, un musée consacré à l’histoire mémorielle. Un magnifique écrin pour les très riches collections militaires que Mons possède et qui attendent depuis – très – longtemps d’être valorisées.

La silhouette de la machine à eau se découpe sur le ciel nuageux. Une grande verrière qui nous renvoie au dix-neuvième siècle, à cette époque où Mons se libérait de ses fortifications pour faire entrer l’air, la lumière et l’eau dans la ville. Du système de pompes qui alimentaient la cité en eau potable jusqu’en 1961, il ne reste quasi rien. La structure, elle, est intacte. Deux architectes, Pierre Hebbelinck et Pierre De Wit l’ont flanquée de deux grandes extensions contemporaines. Deux ailes blanches qui abritent les expositions. Un espace est dédié aux expositions temporaires, l’autre, plus grand, abrite le parcours qui fait voyager le visiteur dans le temps avec pour fil rouge l’histoire militaire de la ville.

Mons a toujours été en contact avec l’armée, bien malgré elle

L’entrée évoque l’ancien régime, brièvement mais assez pour expliquer à quel point la ville a été secouée par les sièges, les incendies, les batailles. Sans parler des nombreuses casernes qui ont imposè aux civils une présence militaire constante dans leurs murs.

Mais c’est principalement au vingtième siècle et aux deux guerres mondiales qu’est consacrée la plus grande partie de la visite. Avec un double atout. Le premier est de mettre au service de la scénographie les technologies d’aujourd’hui : le son, l’image, les animations vidéo permettent de valoriser les documents mais aussi d’expliquer clairement les contextes historiques. Quant au deuxième atout, c’est cette incroyable collection d’objets et d’effets militaires relatifs aux deux guerres mondiales. Une collection qui a dormi pendant des décennies dans les réserves de la ville. Au grand dam des passionnés d’histoire. Guillaume Blondeau, directeur du MMM est conscient du fait que ce musée s’est fait désirer : " de nombreux Montois attendaient ce musée avec impatience. Il y a beaucoup d’objets ici mais ce n’est pas un dixième des richesses des collections militaires de la Ville de Mons ". Collections léguées par plusieurs collectionneurs. Des Montois qui ont gardé des effets militaires mais aussi des objets de la vie quotidienne comme cet étonnant morceau de pain de 1914, conservé dans un bocal.

Dans l’espace qui symbolise l’entre-deux-guerres se trouve un des clous de la collection, un ensemble de tambours militaires offerts par des vétérans britanniques ayant participé à la bataille de Mons le 23 août 1914. Un événement important pour la Grande-Bretagne puisqu’il s’agit du premier choc entre l’armée allemande et l’armée britannique dans ce conflit.

Deuxième guerre mondiale; les frissons parcourent l’échine quand on se trouve face aux banderoles et drapeaux qui rappellent brutalement le joug nazi. Ici comme dans le reste de l’exposition c’est à travers les destins de simples quidams que nous est racontée la grande histoire. Sur un écran, une animation visualise l’exode à travers Mons. Et l’on imagine tout à coup des milliers d’hommes, femmes et enfants courant dans les rues et ruelles pour échapper aux bombes qui s’abattent sur la ville.

Murs inclinés, croix, hautes vitrines

Mais ce qui frappe en visitant le MMM, ce n’est pas seulement la richesse de la collection et des témoignages. C’est aussi l’atmosphère du lieu. La scénographie, imaginée par Winston Spriet et Martial Prévert met le visiteur dans une situation dont il ne comprend pas tout de suite l’effet. Le parcours sinueux, étroit parfois. Les murs noirs, le faible éclairage, la disposition même des lieux créent un climat pesant. Un écho à ces objets portés, touchés, conservés par les Montois qui ont vécu comme beaucoup d’autres Belges ces deux longues périodes d’occupation. En terminant la visite et en revenant dans la grande verrière, blanche et lumineuse de la Machine à Eau, les deux premiers mots qui traversent l’esprit sont " paix " et " liberté ". Deux mots qui ont coûté cher à de milliers de gens. Le MMM nous le rappelle à la fois avec force et simplicité.

 

I. Palmitessa

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