Le loup s'est reproduit sur le plateau des Hautes Fagnes : la preuve en photo

Un attaché scientifique du Service public de Wallonie, Pascal Ghiette, a aperçu une portée de trois louveteaux sur le plateau des Hautes Fagnes. Il a pu faire une étonnante photo (ci-dessus) d'un des trois petits loups cachés dans les hautes herbes.

"C'est tout à fait par hasard, confie P. Ghiette. Je marchais en dehors des sentiers battus pour observer et recenser des populations d'oiseaux. J'ai d'abord aperçu les deux adultes, à environ 100 mètres de moi. Puis j'ai vu du mouvement dans les hautes herbes, je me suis approché et j'ai aperçu une boule de poils. J'ai d'abord cru à un renardeau. Mais c'était bien un louveteau. J'en ai observé trois en tout."

Des louveteaux à peine sortis de leur tanière

A première vue, ils sont âgés de 4 ou 5 semaines. La nouvelle était attendue depuis que le mâle Akela a été rejoint par une femelle voici quelques mois. Leur reproduction était probable, voire prévisible. Mais l'observation aussi précoce de ces trois louveteaux, à peine sortis de leur tanière, est une surprise.

"Je suis évidemment très souvent sur le terrain, explique P Ghiette, c'est mon métier en tant qu'agent du DEMNA (département d'étude du milieu naturel et agricole). Je savais que les deux adultes trainaient dans les parages, notamment grâce à des excréments. Mais tomber sur toute la famille comme ça, si peu de temps après la naissance, c'est une grande chance."

Une mortalité de 50 % la première année

Le Réseau loup wallon, qui accompagne et étudie le retour du loup dans nos régions depuis 2017, n'en dira pas plus sur la localisation de cette observation exceptionnelle.

"Les louveteaux sont particulièrement vulnérables dans les premiers mois de leur existence, explique Alain Licoppe, le coordinateur du réseau. Il ne faut absolument pas les déranger. D'où l'importance pour les promeneurs du plateau des Hautes Fagnes de ne pas s'aventurer en dehors des sentiers balisés. Et surtout de bien tenir les chiens en laisse."

Quoi qu'il en soit, les statistiques sont cruelles. "Durant la première année, la mortalité atteint 50%, explique P Ghiette. Ils sont le plus souvent écrasés par une voiture."

La première portée de louveteaux en Belgique depuis plus de 100 ans avait été enregistrée en juin dernier en Flandre.

 

 

 

 

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