Le Liégeois Thomas Roba fabrique des vélos "pour toute la vie"

Le Liégeois Thomas Robba est l'un des trois artisans cadreurs de Belgique.
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Le Liégeois Thomas Robba est l'un des trois artisans cadreurs de Belgique. - © RTBF

Ils ne sont que trois en Belgique. Thomas Roba vient de prendre ses quartiers dans son atelier de fabrication de cadres de vélo, en Outre-Meuse. Le Liégeois arbore fièrement un polo siglé des "cycles Rouge-gorge / Deroy". Une nouvelle marque, pour un savoir-faire à l’ancienne.

Au commencement, il n’y avait rien, que quelques vulgaires tubes d’acier. Un établi, une lime, un chalumeau. Equipé d'outils simples, l’artisan donne vie au métal froid.

" Ce tube-ci va faire partie du triangle arrière du vélo ", explique le jeune indépendant, en brandissant l’un des fameux tubes, " achetés en Angleterre ". " Je vais donner des coups de lime à l’extrémité pour qu’il épouse parfaitement l’arrondi de l’autre tube ", annonce-t-il, joignant le geste à la parole… " un travail de patience ".

Trois artisans cadreurs en Belgique

Pour Thomas Roba, pas d’école mais un maître : Armand Deroy, 84 ans, autrefois fabriquant de vélos à Grâce-Hollogne. Il a fréquenté assidûment son atelier " pendant cinq-six ans ". " Il m’a transmis son savoir-faire, appris toutes les techniques à l’ancienne. J’ai dû les adapter car les standards se sont modernisés mais c’est une chance énorme que j’ai eue. "

Pour l’instant, l’artisan ne pourrait pas vivre de cette passion. Il travaille à mi-temps pour une grande enseigne sportive. Fabriquer des cadres, c’est son métier de niche, juste une activité en plus.

L'indépendant complémentaire ne travaille que l’acier. Dans son atelier, pas d’alu, ce matériau dans lequel sont taillés de nombreux vélos du commerce, prêts à rouler. " Trop fragile, ça se déforme, ça a une durée de vie limitée ", explique l’artisan. Pour lui, " un vélo c’est quelque chose que l’on garde toute la vie ".

Ces cadres liégeois sont simples, robustes et surtout adaptés à chaque client, à sa morphologie et à ses caprices. La taille, la couleur, tout se discute. Les cadres sont réputés incassables et en cas d’improbable pépin, quelques soudures feront l’affaire. Autre avantage : ces cadres sont produits localement. Et Thomas en est conscient " c’est dans l’air du temps ".

Un vélo liégeois, pour la vie

Sur l’établi un cadre encore gris souris est en train de prendre forme, " un vélo polyvalent qui permettra de passer par tous les chemins, de faire de la distance ".

Bientôt, une fois équipé d’un guidon, de roues, de pédales, le squelette de métal prendra vie. Des dizaines de milliers de kilomètres à travers champs ou à flanc de colline l’attendent. Mais avant d’en arriver là, il faudra encore quelques coups de chalumeau et une trentaine d’heures de travail.

Côté budget, tabler sur les 1400 euros pour un cadre Rouge Gorge / Deroy, sans compter tous les périphériques pour monter un vélo complet.

L’atelier de Thomas Roba se trouve à la Cyclerie, rue de la commune n°7, à Liège.

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