Le liégeois Fabrice Adde donne la réplique à Leonardo Di Caprio

Le liégeois Fabrice Adde donne la réplique à Leonardo Di Caprio
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Le liégeois Fabrice Adde donne la réplique à Leonardo Di Caprio - © @DR

Bien que français d'origine, Fabrice Adde est devenu liégeois d'adoption, depuis ses études au Conservatoire de Liège. Une gueule un peu inquiétante, un rien timide, le jeune acteur de 35 ans a bourlingué sur les scènes de théâtre, sur les plateaux de cinéma, ceux de Bouli Lanners notamment (il tenait le rôle principal de ElDorado) . Aujourd'hui, il donne la réplique à Leonardo Di Caprio dans The Revenant. Il y joue le rôle du chef des trappeurs français, dans le film doublement oscarisé d'Alejandro Inarritu.

Une aventure qui a démarré au fond d'un jardin

L'aventure a démarré, comme beaucoup d'acteurs, via un agent et un casting.  Je suis arrivé dans cette aventure de façon assez classique :  les "casteurs" américains cherchaient quelqu'un qui parlait français, avec un profil comme le mien, grand, le physique un peu inquiétant. Ils ont listé les comédiens, j'étais dedans, j'ai reçu le casting en anglais, je l'ai fait traduire, puis avec une petite bande d'amis, on est allé dans le fond de mon jardin à Liège, rue Monulphe, on a fait les essais, avec quatre versions différentes. Puis, pouf, on a envoyé ça aux Etats-Unis et badaboum, je me suis retrouvé à travailler avec Inarritu !

Fabrice Adde est resté un mois aux Etats-Unis, pour un tournage de 6 jours. Beaucoup d'attente, donc, notamment à attendre la neige. Je suis resté trois jours sans ouvrir la bouche ! j'ai  attendu, regardé, puis un jour on vous appelle : tu tournes demain !

Comment travaille t-on avec un metteur en scène oscarisé, Alejandro Inarritu, sur des plateaux américains ?  Est ce finalement le même job que lors d'un tournage en Belgique dans le rapport acteur/metteur en scène ? Quand Inarritu décide  de travailler avec moi, je pense qu'il a fait la plus grande partie du travail, si j'ose dire. Il compte sur mon autonomie d'acteur, comme Bouli. Ils me font confiance. Une fois qu'il m'a eu choisi, c'était simple; il n'était pas dirigiste. A partir de là, il n'y a pas eu de souci. Il m'a fait jouer sur des curseurs :  plus doux, plus dur. Un moment,  il m'a juste dit : non, là il est trop bourré, fais-le moins bourré !

Et Leonardo ?

La question que tout le monde pose ces jours-ci à Fabrice Adde : il est comment, Leonardo Di Caprio ? En fait, j'avais travaillé la scène en amont, puis il arrive. j'avais une scène relativement violente avec lui, on a cherché les appuis de jeux, on devait se tirer les cheveux etc ... ce sont des techniques : la violence au cinéma ou au théâtre, faut que ça se travaille, pour ne pas se faire mal et que ça marche. Au départ, il devait m'enlever la ceinture pendant que j'abuse d'une fille, m'étrangler, m'ensaucissonner autour de l'arbre ... et là, Di caprio a dit : No, no, it's too Hollywwod. C'est trop Hollywood. Il a préféré aller plus à l'essentiel simplifier la scène. C'est un pro, il savait ce qu'il avait à faire, il savait son texte (en même temps, il n'en avait pas beaucoup ... ). Même si je ne suis pas quelqu'un de connu, il me respectait, il me regardait dans les yeux. Je n'ai pas toujours connu ça.

A la question : que  retiendrez-vous de cette expérience ? Au moins, ça on ne pourra pas me le retirer. Mais comme tous ceux qui ont participé à ce film, du chauffeur au cuisinier, c'est une relation horizontale. Nous, les acteurs, on est le dernier maillon de la chaine. J'en retire une certaine estime, c'est important, c'est un travail de les jours. Et l'expérience du casting, d'avoir démarré dans le jardin, presque de rien. J'ai posé une graine dans le jardin et c'est devenu une rencontre avec Inarritu, avec Di Caprio !

Fabrice Adde insiste aussi : il est l'affiche du nouveau film de Bouli Lanners. Un petit rôle mais pour un film qui lui tient à coeur. Et qu'il faut aller voir aussi !

 

 

 

 

 

 

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