Le leader de l'homéopathie Boiron gèle son projet de transfert d'Evere à Beauvechain

Le site convoité par Boiron à Beauvechain, pour y installer son nouveau QG national. La filiale belge du groupe international leader en homéopathie veut en effet quitter son siège actuel d'Evere. Dans le monde, le groupe emploie près de 4.000 personnes
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Le site convoité par Boiron à Beauvechain, pour y installer son nouveau QG national. La filiale belge du groupe international leader en homéopathie veut en effet quitter son siège actuel d'Evere. Dans le monde, le groupe emploie près de 4.000 personnes - © Rtbf

La filiale belge du leader de l’homéopathie, Boiron, veut quitter son siège actuel d’Evere. La firme compte déménager et s’installer à Beauvechain. Elle y construirait des nouveaux bureaux, des locaux préparatoires, des espaces de stockage et une pharmacie pour les préparations magistrales.

Pour rappel, Boiron avait introduit une demande de permis d’urbanisme, il y a quelques mois. Mais face à l’opposition de plus de 1200 villageois, cet été, la direction vient d’annoncer le gel de son projet, sans toutefois y renoncer définitivement.

Projet en mode pause

Un site convivial et plus central par rapport au domicile de ses 74 collaborateurs, voilà ce qui pousse Boiron-Belgique à quitter Evere pour Beauvechain. Vu les nombreux griefs formulés lors de l’enquête publique, le patron, Bertrand Duquesne, vient de geler le projet. "Nous souhaitons prendre le temps d’analyser les remarques formulées. C’est pour cette raison que nous avons retiré notre demande de permis d’urbanisme. Mais nous restons convaincus que ce projet serait une plus-value pour la commune et ses habitants. Nous pourrions donc revoir notre copie et introduire une nouvelle demande de permis".

Une majorité intéressée

"N’importe quelle commune serait heureuse d’accueillir une firme comme celle-là", affirme Carole Ghiot, bourgmestre de Beauvechain. "Ce serait intéressant, pas seulement pour les recettes fiscales que cela suppose. Mais aussi pour offrir à la commune une vision d’avenir différente, évolutive. Nous attendrons donc pour voir si le groupe présente une nouvelle demande de permis. Cela dit, je ne suis pas surprise du vent d’opposition que le projet génère chez certains citoyens. Quelques personnes ont donné une vision tronquée ou incomplète du projet".

Selon la bourgmestre, la première mouture du projet prévoyait la création de 12 emplois… "un élément qui ne figure pas dans le dossier", rétorque l’opposition Ecolo.

Un vent d’opposition soutenu

"Nous ne Boiron pas tout et n’importe quoi !" C’est le slogan du collectif citoyen opposé aux plans de Boiron à Beauvechain. Un soulagement d’apprendre que le projet est en mode pause. La crainte aussi de le voir revenir sous une forme modifiée dans quelques mois. Car ces opposants refusent de voir "le cœur du village dénaturé par des installations démesurées et qui apporteraient leur lot de nuisances". Pour le collectif citoyen moteur de la contestation, dont la riveraine Sophie Dallemagne, "Boiron signifie plus de voitures, de nombreux camions, un risque de pollution, la perte d’un espace vert et humide, ainsi que le risque d’un développement ultérieur du site au-delà des intentions actuelles".


Pour Jérôme Cogels, conseiller d’opposition (Ecolo), "la majorité ne peut pas accepter un tel projet et oublier ses engagements électoraux". Argument rejeté par la bourgmestre. "Dans le dossier, il n’y a rien qui permet de comprendre pourquoi on a choisi ce site-là", poursuit l’élu d’opposition.

La firme Boiron affirme ne pas avoir de site alternatif pour son déménagement. Le projet Beauvechain ne semble donc pas enterré.




 

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