Le gouvernement wallon veut la clarté sur les plans d'ArcelorMittal

Les délégués du syndicat chrétien ont remis une lettre au ministre-président Rudy Demotte dans laquelle ils expriment leur impatience à l'égard de l'exécutif. "Au vu de la situation gravissime que nous vivons dans le bassin sidérurgique depuis 342 jours, malgré les multiples études réalisées qui démontrent la viabilité du site de Liège, aucune décision tranchée de la part du gouvernement wallon n'a été prise jusqu'à présent", déplore la CSC.

A ses yeux, "il est impératif que le gouvernement wallon prenne une position ferme, définitive et sans équivoque sur la viabilité du plan alternatif qui (lui) a été soumis".

Interrogé par Christine Defraigne (MR), Isabelle Simonis (PS), Christian Noiret (Ecolo), Michel de Lamotte (cdH) et Bernard Wesphael (MG), le ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, ne s'est guère avancé sur la question. "Il faut que la procédure Renault reprenne son cours -le chantage n'est pas une procédure de négociation- et qu'ArcelorMittal dise clairement ce qu'il veut faire de l'outil", a souligné Jean-Claude Marcourt.

Le gouvernement wallon étudie les différents scénarios

Le gouvernement wallon espère rencontrer dans les prochains jours la direction du groupe ArcelorMittal. Un rendez-vous doit encore être fixé. Pour s'y préparer, les principaux ministres de l'exécutif ont entendu mercredi le rapport de l'expert mandaté pour analyser la viabilité financière du plan élaboré par les syndicats en vue d'assurer la pérennité de la sidérurgie liégeoise.

Ce mercredi, l'expert désigné par le gouvernement wallon a présenté aux ministres réunis différentes hypothèses de relance de la sidérurgie à Liège.

De 300 à 800 millions d'euros à terme, certains ont même cité des milliards, on a entendu tous les chiffres sur ces possibilités de relance. A l'issue de la réunion, le ministre wallon de l'Economie n'a pas précisé ces chiffres mais c'est bien d'une sidérurgie intégrée chaud/froid dont il a été question.

"Comme tous les business plans, il fait un certain nombre d’hypothèses plus ou moins favorables" a déclaré Jean-Claude Marcourt. "Et en fonction des hypothèses , les chiffres évoluent. Il y a au moins comme d’habitude quatre hypothèses et vous me laisserez le soin de garder ces chiffres pour moi puisque je pense que c’est avec la direction d’ArcelorMittal qu’il faut échanger préalablement le fait de les rendre publics".

"La déclaration des dirigeants d’Arcelor de dire que le site de Liège n’est même plus stratégique dans le froid doit évidemment avoir un impact sur l’évaluation du plan. Toutes les hypothèses prennent en compte le maintien d'au moins un haut fourneau en activité" a-t-il simplement précisé.

Le gouvernement reparlera de ce dossier lors de sa réunion plénière jeudi. Quant à un rendez vous avec Mittal, aucune date n'a encore été fixée.

Charles Michel appelle le Premier ministre à se saisir du dossier

De son côté, le président du MR, Charles Michel, a appelé le gouvernement fédéral - et en particulier le Premier ministre Elio Di Rupo - à faire pression sur des entreprises qui ne respectent pas leurs engagements, comme le groupe sidérurgique ArcelorMittal.

"ArcelorMittal a pris des engagements. Avec cynisme, il ne respecte pas ses engagements", a-t-il regretté au micro de Twizz, dont il était l'invité. Selon Charles Michel, "le gouvernement doit utiliser tous les moyens politiques et juridiques pour faire pression sur ces grandes entreprises y compris dans l'espace européen puisque le gouvernement fédéral est représenté au sein des instances européennes".

"Nous devons aussi utiliser le levier européen pour faire respecter les engagements qui sont pris, pour faire respecter les familles concernées par ce potentiel drame social", a ajouté le président du MR. Selon lui, c'est au Premier ministre Elio Di Rupo d'intervenir, comme l'ont fait ses prédécesseurs Guy Verhofstadt et Yves Leterme "lorsque le pays a été confronté à des difficultés industrielles notamment dans le secteur automobile". "Il est chef de gouvernement, c'est donc naturellement à lui, me semble-t-il... de porter cet engagement-là", a fait valoir Charles Michel.

Le gouvernement fédéral prend ses responsabilités

"Comme indiqué dans ce type de situation, la ministre de l'Emploi a désigné un conciliateur social. La priorité est à la reprise du dialogue social entre les travailleurs et la direction d'ArcelorMittal", a indiqué le Premier ministre.

"Le gouvernement wallon multiplie par ailleurs les contacts pour trouver une solution", a rappelé Elio Di Rupo. "Le gouvernement fédéral continue à suivre de très près la situation et accompagnera les efforts du gouvernement wallon", a-t-il ajouté.

La direction déplore le piquet de grève devant le haut-fourneau B

La direction d'ArcelorMittal à Liège déplore que des piquets de grève l'empêchent de procéder au refroidissement des cowpers du haut-fourneau B, à Ougrée.

"L'arrêt de la chauffe des cowpers est une étape normale de l'arrêt temporaire d'un haut-fourneau si un redémarrage à court terme n'est pas envisagé", fait-elle savoir. "Le fait que des piquets empêchent cette opération est un exemple supplémentaire du fait que l'opposition syndicale ne permet pas de prendre les mesures nécessaires pour réduire les coûts de la mise sous cocon de la phase liquide, et ce après un an de discussion dans le cadre de la procédure Renault".

La direction a donné l'instruction de commencer le refroidissement des cowpers du haut-fourneau B, à Ougrée, à raison de 35 degrés par jour selon les règles de l'art. L'opération devrait prendre environ trois semaines.

Plusieurs dizaines de travailleurs en grève se sont postés devant le haut-fourneau mercredi matin pour contester contre cette opération, les cowpers étant peur eux indispensables au maintien de la phase à chaud.

 

Avec Belga

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