Le gouvernement wallon enterre le projet de contournement de Perwez

Tel un Ovni au milieu des champs, le pont destiné au projet de contournement de Perwez risque bien d'allonger la liste des Grands Travaux Inutiles
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Tel un Ovni au milieu des champs, le pont destiné au projet de contournement de Perwez risque bien d'allonger la liste des Grands Travaux Inutiles - © Rtbf

Le suspense aura duré jusqu’à la conférence de presse organisée ce mardi après-midi, à la maison communale de Perwez. C’est désormais officiel: le projet de contournement de Perwez est abandonné! Et le pont déjà construit en vue de ce projet de contournement, restera bien comme un ovni en plein champ, témoin d’un dossier qui aura duré de nombreuses années.

L'abandon du projet a été annoncé par les ministres Willy Borsus, (Vice-Président MR du Gouvernement wallon et ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme) et Philippe Henry (Vice-Président Ecolo du Gouvernement et ministre régional de la Mobilité).

Pourquoi cet abandon? Les ministres évoquent la volonté d'économiser de l'argent (6,7 millions d'euros étaient encore nécessaires pour terminer les travaux) et de préserver des terres agricoles. Par ailleurs, ils ne considèrent pas le zoning de Perwez comme une zone d'activité majeure qui nécessiterait la construction d'une nouvelle voirie. Ce dernier point de dérogation est prévu par la DPR (Déclaration de politique régionale). Or, les nouveaux ministres estiment que le zoning de Perwez n'est pas un pôle économique majeur, les projets initiaux d'extension ayant été revus à la baisse.  

Le bébé d’Antoine

Pour rappel, ce projet avait été défendu par l’ancien bourgmestre de Perwez, André Antoine ; mais aussi par les partisans d’une solution routière aux problèmes de mobilité et de sécurité entre la sortie n°11 de l’E411 et le zoning de Perwez. Des habitants aussi soutenaient l’idée d’un contournement routier. En 2011, l’ancienne majorité d’André Antoine avait obtenu les feux verts nécessaires au lancement du projet. Dont celui de l’Ecolo, Philippe Henry. L’Intercommunale du Brabant wallon, maître d’ouvrage, avait autorisé le chantier et un entrepreneur avait été désigné. Interrogé ce mardi, André Antoine a de nouveau dénoncé les sommes importantes déjà dépensées dans ce dossier et les préparatifs déjà concrétisés. "Ne pas poursuivre et terminer ce projet, cela reviendra à ne pas trouver de solution pour les problèmes de mobilité et de sécurité de nombreux habitants", souligne le désormais conseiller communal d'opposition (DRC +). Récemment, André Antoine avait avancé un chiffre devant le Parlement wallon : 2,8 millions d’euros de perdus en cas de pause dans ce dossier, un montant qui comprend les indemnités redevables à l’entrepreneur.

Le cauchemar d’agriculteurs

Pour les agriculteurs concernés par les expropriations de leurs terres situées sur le tracé du contournement, le projet représentait un véritable cauchemar. "Nos champs seront coupés en deux. Et nos activités, comme l'environnement, vont en pâtir", nous avaient-ils déclaré récemment. En dépit de jugements qui leur étaient défavorables, ces agriculteurs avaient poursuivi leur combat en menant une série d’actions de sensibilisation du public et du monde politique. Soutenus par la nouvelle majorité locale, ils avaient appelé le ministre Henry à revenir sur le feu vert qu’il avait accordé en 2011. Plus symboliquement, il y a 15 jours, les fermiers avaient rappelé leurs principaux griefs : un projet de contournement cher, inutile, néfaste à l’environnement et d’un autre temps. L’annonce de l’abandon du projet est donc plus qu’appréciée par les fermiers. Même si certains redoutent que le monstre refasse surface un jour.

Pas plus tard que ce lundi, d’autres voix s’élevaient contre le projet de contournement. Une vingtaine d’organisations, dont des syndicats agricoles, des collectifs citoyens et des ONG montaient au créneau pour dire "Stop !" à la route. De manière générale, ces organisations réclament un moratoire sur tous les travaux menaçant les cultures en Wallonie.

Rappelons que le projet de Perwez n’est pas le seul qui fait débat depuis longtemps en Région wallonne. A Wavre aussi, le débat fait rage. Et même si le permis d’urbanisme a été confirmé par l’exécutif wallon, là aussi, un vent d’opposition continue à souffler. Ce dimanche, plus de mille personnes l’ont fait savoir en formant une longue chaîne humaine. Reste à voir si les deux projets, à Wavre et à Perwez, aboutiront aux mêmes décisions.

Archives : Journal télévisé du 01/04/2019

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