Tous les Bruxellois trilingues à 18 ans: la grande ambition du gouvernement bruxellois

Jongler avec les trois langues - le français, le néerlandais et l'anglais - à 18 ans. C'est la grande ambition du gouvernement bruxellois avec son plan, "multilinguisme'". Le projet est porté par le ministre de la promotion du multilinguisme Sven Gatz, Open Vld. Il en présente les grandes lignes ce lundi après-midi devant le Parlement bruxellois 

Bruxelles, de bilingue à trilingue 

L'ambition de Sven Gatz en charge de cette nouvelle compétence est grande, rendre les Bruxellois trilingues à 18 ans: "C'est très ambitieux mais le marché du travail le demande. Et je pense que le multilinguisme fait de plus en plus partie de l'identité bruxelloise. Donc il faut stimuler ces deux facteurs". Et c'est vrai que cela a du sens quand l'on sait qu'on parle au moins 100 langues différentes à Bruxelles. Notre capitale est la ville la plus cosmopolite du monde après Dubaï.

Et puis cela répond aux réalités du marché de l'emploi. Plus de la moitié des emplois vacants demandent explicitement la connaissance de 2 ou 3 langues. Or, on estime que seuls 2 % des chercheurs d'emploi dans la capitale sont trilingues. "Le baromètre des langues que sort la VUB depuis 20 ans montre que les trois langues le plus parlées sont le français, le néerlandais et l'anglais. Les autres langues sont assez loin derrière. Il faut stimuler cette connaissance pour l'économie bruxelloise et la cohésion entre Bruxellois". 

"L'effet boule de neige" 

Voilà pour le constat. En ce qui concerne le plan d'action, il ne prévoit pas de grandes mesures. Et c'est assumé par le ministre Sven Gatz: "Le plan est d'abord une note d'orientation, mais il faut d'abord avoir un débat parce que les sensibilités des Bruxellois francophones, néerlandophones et Européens sont différentes vis-à-vis du multilinguisme. Il faudra voir avec le Conseil du multilinguisme - une nouvelle plateforme qui doit structurer cette politique - comment on peut procéder".

En attendant, l'idée est de s'appuyer sur ce qui existe déjà, des projets dans les écoles, des initiatives portées par des associations, etc. De les soutenir et de lever les freins qui existent par exemple dans le domaine de l'enseignement: "Jusqu'à présent, nous n'avons toujours pas réussi à organiser l'échange de professeurs de langue. Il y a une pénurie dans l'enseignement francophone pour les professeurs de néerlandais et vice versa. Faisons de cela une force et essayons de trouver une solution. J'aimerais donc me mettre autour de la table avec les deux ministres de l'enseignement - je ne vais pas me substituer à eux - pour trouver un accord de coopération. Je vais aussi donner un appui sur le terrain pour les écoles qui veulent déjà faire cet échange entre professeurs. J'ai des contacts avec certains réseaux communaux qui veulent monter des projets pilotes l'année prochaines et permettre à un professeur de traverser la cour de récréation et d'aller donner des cours en français. Cela doit pouvoir se faire. Il y a du concret mais on vise à terme l'effet boule de neige. Il faut pouvoir commencer avec une nouvelle politique quelque part et c'est le jour J aujourd'hui". 

On sait que c'est souvent plus compliqué que sur papier. Lors de la campagne, on a beaucoup parlé des écoles bilingues, mais le projet est resté dans les cartons. Défi craignait une forme de régionalisation de l'enseignement. "Mais les projets pilotes ne mettent pas en péril les compétences de l'enseignement que ce soit communauté ou région. La VUB et l'ULB ont toujours l'intention de créer de telles écoles. Même si ça semble difficile on peut y arriver". 

Grande ambition, petits moyens 

Côté budget, c'est assez maigre. "Je commence délibérément avec un petit budget. Si je lance un appel à projet, je recevrai beaucoup de demandes d'ASBL qui font déjà beaucoup sur le multilinguisme. Ce que je vais faire c'est créer une plateforme - un conseil du multilinguisme avec des grand acteurs qui peuvent faire bouger les choses et puis un petit budget pour soutenir les projets pilote. Mais si ça avance, on pourra y mettre plus de moyens. On fait le budget chaque année". 

Le plan prévoit aussi une "cité des langues" pour booster la formation des demandeurs d'emploi. On évoque un label multilinguisme pour les entreprises. Les petits Bruxellois trilingues à 18 ans, une grande ambition, mais pas encore vraiment de grands moyens.

Pour réécouter l'interview du ministre bruxellois Sven Gatz

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