La fin du tram à Liège? Son financement est remis en question

Le tramway liégeois est-il mort-né ?
Le tramway liégeois est-il mort-né ? - © SRWT

Le projet de tram a-t-il du plomb dans l'aile ? En tout cas, le mécanisme de financement imaginé par la Région wallonne vient d'être recalé par Eurostat, l'organisme européen de surveillance des normes comptables des pouvoirs locaux. Selon ces techniciens, la dépense (380 millions) devrait être inscrite en une fois dans le budget régional. Ce qui, en ces temps d'austérité, semble impossible.

Le montage financier du tram liégeois, c'est un "partenariat-public-privé". Dans le jargon de la finance, il s'agit d'un marché DBFM, les initiales de "design build finance maintenance", ce qui signifie, en français, qu'un investisseur se charge de la conception, des travaux, des emprunts, et de l'entretien, et qu'il se fait payer par une redevance annuelle, pendant la durée d'une convention de long terme.

C'est une méthode devenue classique, pour des pouvoirs publics désargentés. Jusqu'ici, ce genre de mécanisme a plutôt été privilégié par les autorités européennes. Mais voilà, les temps changent. Le plan, qui a été soumis aux statisticiens de l'organisme Eurostat, a été refusé. Le détail de l'avis qui a été reçu ce jeudi à la SRWT n'est pas connu. Mais la traduction est claire : il faudrait imputer la dépense en une fois, et non pas l'étaler, la déconsolider, comme disent les économistes. Mais le gouvernement wallon n'en n'a évidemment pas les moyens. Près d'un demi milliard, d'un coup, c'est totalement irréaliste.

Du côté des décideurs, la surprise est totale. Le monde politique est avare de commentaires. C'est apparemment un revirement de jurisprudence. Le tram est-il mort-né ?  Peut-être pas. Des réunions au plus haut niveau sont programmées pour la semaine prochaine. Mais, pour la SRWT, c'est une douche froide, et même une douche glaciale.

 

Réaction de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège

"A mon sens le projet n’est pas mort. Je sens une mobilisation derrière le projet pour trouver une solution. Il y a toute une énergie qui a été dégagée par des centaines de personnes. Il y a l’espoir d’une amélioration extrêmement importante pour le cœur de l’agglomération liégeoise. A Bordeaux par exemple, le retour du tram a permis de gagner 30 000 habitant dans l’hyper-centre donc je n’imagine même pas que nous ne pourrions pas mener ce dossier à bien. Je reste confiant".

 

Michel Gretry

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