Le Festival de Cannes, une belle mais exigeante vitrine pour les écoles de cinéma

Les étudiants sont en plein montage de leur film de fin d'étude, avec pour certains l'espoir de le présenter à Cannes
Les étudiants sont en plein montage de leur film de fin d'étude, avec pour certains l'espoir de le présenter à Cannes - © S. Vandreck

Cette année, Sonam Larcin, diplômé de l’IAD en 2018, présentera à Cannes son court-métrage documentaire de fin d’études « Après le silence », portrait d’un jeune réfugié qui a dû fuir son pays à cause de son homosexualité. Ce film a été sélectionné dans la catégorie « Short Film Corner », le marché du film réservé aux courts-métrages. « Cannes dispose d’une section réservée aux films de fin d’étude, Cinéfondation, mais ils n’acceptent pas les courts-métrages documentaires. Sonam s’est donc présenté directement au marché du film. Ses sélections précédentes dans d’autres festivals l’ont un peu aidé. C’était la suite logique du parcours de ce film », raconte Julie Dreucci, en charge de la promotion des films de l’IAD dans les festivals. Pendant la quinzaine, elle accompagne le jeune réalisateur là-bas, pour l’aider à vendre son film à des programmateurs d’autres festivals ou a des distributeurs de salles. « Mais la principale mission, c’est de se faire des contacts dans le milieu professionnel, pour ce projet existant mais aussi peut-être de futurs projets », ajoute-t-elle. Régulièrement, des diplômés de l’école de cinéma de Louvain-la-Neuve participent au festival, dans l’une des deux catégories. Une belle vitrine pour l’école. « Cela encourage les étudiants. Ils voient jusqu’où leur film de fin d’études peut les mener ».

On peut parfois se casser la figure

Eloi, étudiant de troisième année, est particulièrement motivé par cette perspective. « Cannes et les festivals me semblent aujourd’hui moins loin qu’avant de commencer mes études, reconnaît-il. La concurrence doit être sévère, mais je me dis de plus en plus que faire des films est à la portée de ceux qui essaient. Qu’on peut tous raconter quelque chose de fort sans avoir quinze ans de carrière ». Il y a évidemment une question de chance : tous sont conscients, qu’en plus de faire un bon film, il faut qu’il soit vu par les bonnes personnes au bon moment. L’école encourage les étudiants à concourir en festival, pour faire vivre leurs réalisations au-delà du jury d’examens. Certains misent uniquement sur Cannes, le plus prestigieux, et renoncent de ce fait à d’autres festivals, à leurs risques et périls. « S’ils sont sélectionnés à Cannes, les sacrifices seront payants, mais on peut aussi parfois se casser la figure et n’être inscrit nulle part. Nous les aidons donc dans leur choix, pour établir une stratégie de diffusion dans les festivals », rappelle Julie Dreucci. Cannes est un marché où des centaines de films sont en compétition et où il faut forcément jouer des coudes. Ce qui n’est pas dans le tempérament de tous ces jeunes réalisateurs. « J’espère que mon film va tourner en festivals et être vu. Mais je vise surtout de faire des rencontres, professionnelles et amicales, et pour cela certains festivals sont plus familiaux, chaleureux et bienveillants », confie Noémie d’Ursel, étudiante en réalisation, en plein montage de son film de fin d’études.

Bande-annonce du court-métrage de Sonam Larcin "Après le silence"

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