Le développement urbanistique de Bruxelles lié à la forêt de Soignes

L'histoire de la ville et de la forêt sont donc intiment liées et ne peuvent s'envisager que dans un rapport dynamique
L'histoire de la ville et de la forêt sont donc intiment liées et ne peuvent s'envisager que dans un rapport dynamique - © Belga

Quelle rôle la forêt de Soignes a-t-elle joué dans le développement urbanistique de Bruxelles ? C'est la question que s'est posé un chercheur en architecture de l'UCL. Dans son étude, il montre notamment que la forêt est, pour partie, à l'origine du tracé de grands axes de la capitale.

Durant l'Ancien régime, autrement dit, du Moyen Âge à la fin du 18ème siècle, la forêt de soignes est la propriété de seigneurs très influents qui exploitent le bois. Un bois qu'il faut pouvoir acheminer. Or le centre-ville est un important pôle de communication. D'où cette continuité que l'on observe entre des axes du centre et de l'extérieur de la ville.

Lee Christopher Roland, l'auteur de l'étude, explique : ''Il y a une sorte d’évidence au fait que le bois, qui est exploité en forêt, peut être facilement acheminé le long de ses chaussées jusqu’à la vallée de la Senne. À cet endroit, on trouve en réalité un pôle de mobilité puisque les bassins sont le point de contrôle et d’accès au canal vers Anvers.’’

Un peu plus tard, début du 19ème, la forêt est privatisée. Des pans entiers, notamment ceux qui s'approchent le plus du pentagone, comme le bois de Linthout, sont défrichés. Une importante spéculation foncière commence alors.

''Il y avait quand même un intérêt, à un moment donné, à tirer une série de tracés urbanistiques depuis le pentagone vers d’anciennes parcelles boisées, que ce soit au niveau de la création du bois de la Cambre et de l’avenue Louise qui, dans les deux cas, viennent chercher la forêt pour valoriser des parcelles foncières’’ souligne Lee Christopher Roland.

Il s’agissait aussi, dans le cas du bois de la Cambre, de mettre la main, sur des nappes phréatiques qui font l'objet de convoitise de la part de différentes communes. L'histoire de la ville et de la forêt sont donc intiment liées et ne peuvent s'envisager que dans un rapport dynamique.

La forêt est trop délimitée

La forêt de Soignes n’est donc pas une entité inerte mais plutôt une entité qui interagit avec la ville. ''Finalement, il me semble que la gestion tri-régionale devrait pouvoir s’émanciper des déterminismes institutionnels mais aussi de certains construits qui font qu’aujourd’hui la forêt est pensée comme forêt uniquement dans les périmètres qui ont été définis dans le cadre de la zone spéciale de conservation. Dès lors, toutes ces zones qui, auparavant, faisaient intégralement partie de la forêt et qui ont été, au fur et à mesure,  grignotées par l’urbanisation in bâti ne sont plus pensées comme participant au processus écologique lié à cette forêt, c’est-à-dire aux sols, à la qualité des eaux souterraines et de surface et à tous les mécanismes liés à la faune et à la flore, qui à mon sens, ne se limitent pas à cette limite institutionnelle.’’

Cette étude est publiée dans le cadre des Brussels Studies. Vous pouvez la lire et consulter toutes les cartes qui l'accompagnent sur www.brusselsstudies.be

Pierre Vandenbulcke

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