Le Bruxelles d’autrefois en huit vidéos d'archives

Les images colorisées de Bruxelles en 1908 que vous a présentées la RTBF ce week-end ont eu un immense succès sur la toile. Restaurées par un Youtubeur hollandais, celles-ci ont transporté les internautes dans une période que peu d’entre eux ont connue. Et pourtant, cette Belgique de la Belle époque captée sur une pellicule a suscité une vague de réactions inédite. Peut-être parce qu’elle présente une ville fantasmée, du temps de sa splendeur, qui doit malgré tout constamment évoluer avec sa démographie, sa sociologie, son contexte politique alambiqué, ses aspirations urbaines...

Ce Bruxelles "de papa", grand-papa, voire arrière-grand-papa reprend constamment vie grâce aux archives professionnelles et amateurs que l’on peut glaner sur la toile. Nous en avons récoltées huit, à différentes époques.

Bruxelles en 1981

Le viaduc Léopold II, Botanique, la porte Louise et les trams en surface avant le percement du métro… Balade ensuite chaussée d’Ixelles, chaussée de Wavre et Matonge où les anciens reconnaîtront l’ancienne ligne de tram 22, le Rob, le Sarma…

Cette séquence de plus de sept minutes est un vrai bijou parce qu’elle présente Bruxelles il y a quarante ans. C’est une période charnière pour la ville : les préoccupations urbanistiques et la qualité de vie des habitants commencent à être prises en compte tout comme la sauvegarde du patrimoine, après des décennies de massacres en tout genre.

Ce film fait également un petit crochet par le centre de Bruxelles, la place De Brouckère, la rue Neuve où l’on aperçoit un milkbar et un magasin de soie.

La dernière partie est tournée dans plusieurs gares dont la Gare de Bruxelles-Léopold, aujourd’hui Gare du Luxembourg. Sur les voies circule un Trans Europ Express (TEE), le train première classe qui reliait plusieurs grandes villes du continent. Ces trains, de couleur rouge, ont aujourd’hui disparu du réseau ferroviaire.

Bruxelles, encore dans les années 1980

Le compte Thekinolibrary a réalisé un travail de restauration d’un petit film de deux minutes et quelques de Bruxelles dans les années 80. Celui-ci a été principalement tourné dans les quartiers Louise et Porte de Namur malgré un petit crochet par la Grand’Place. Les voitures que l’on aperçoit ne sont pas celles qui circulent aujourd’hui en ville : Golf 1, Citroën CX, Ford Taunus, Audi 100, Peugeot 404… Toute l’histoire de l’automobile démocratisée.

Les images nous montrent enfin l’avenue de la Toison d’Or accueillant l’ancienne ligne 18 et la tour de l’hôtel Hilton, érigée dans les années 60. Le Hilton s’appelle aujourd’hui The Hotel.

Bruxelles en 1976

En 1976, l’année au cours de laquelle ont été tournées ces images fournies par un vidéaste amateur (et proposées par la chaîne Footageforpro), l’Atomium est déjà là. Le quartier du Heysel est le premier visité avant un passage par le centre-ville et la Grand’Place, assez dense. Le vidéaste s’attarde sur deux familles qui marchent : une famille africaine, qui salue le caméraman et une autre nord-africaine. Elles représentent les premières vagues d’immigration.

Des policiers bruxellois, qui arborent la moustache, à la mode à cette époque sont immortalisés. On aperçoit enfin le Sablon (et son église avant ravalement) et la place royale.

Bruxelles en 1960

En 1960, Bruxelles a radicalement changé. Avec l’Exposition universelle de 1958, la ville s’est transformée pour entrer dans la modernité. Non sans quelques dégâts majeurs.

Dans ce film, la place Royale et la Grand’Place sont de vastes parkings, la place du Jeu de Balle accueille son marché quotidien et la place De Brouckère le pavillon de l’Expo universelle. On peut également voir les premières années des tunnels de la Petite Ceinture, à Botanique.

Bruxelles en 1927

Certainement la vidéo la plus marquante de notre liste. "Ca c’est Bruxelles" est un film de 1927 du réalisateur Francis Martin, édité par la Cinematek en 2014.

Le montage serait inachevé mais les rushes présentent une capitale dans l’entre-deux-guerres, faite de sourires et de délices. Il y a le marchand de glaces, les manèges, les enfants qui courent dans le parc royal, le marché aux pigeons, l’ancienne gare du Nord, la place de la Monnaie, la Grand’Place (qui accueille une procession religieuse), les boulevards du centre, le palais Stoclet avenue de Tervueren… Et toujours cette impression de douceur de vivre suggérée par la bande sonore.

Le film se balade dans les quartiers aisés et commerçants mais aussi dans les quartiers plus populaires et délabrés comme les Marolles. Les tenues ne sont pas les mêmes, les visages non plus.

Sous les halles du marché aux poissons, rarement filmées, les vendeuses partagent des moments de complicité.

Bruxelles toujours en 1927

Cet autre film tourné en 1927, attribué aux studios Pathé est de moins bonne qualité. Toutefois, il offre une vue sur trois quartiers difficiles aujourd’hui à reconnaître : devant la cathédrale des Saints Michel et Gudule, le Mont des Arts avec sa cascade et ses escaliers et Notre-Dame de Laeken où, avant le tunnel routier, s’étendait un jardin arboré.

La vidéo vaut également le coup d’œil pour l’intense activité autour de Tour et Taxis, gare maritime d’importance nationale et internationale.

En voiture en 1935

La Cinematek a diffusé en 2015 une vidéo originale : le parcours d’une voiture dans les rues de Bruxelles, en 1935. Le clip débute par la prise en charge d’un diplomate par son chauffeur, avenue des Nations, aujourd’hui avenue Franklin Roosevelt.

Le conducteur sillonne le quartier de l’abbaye de la Cambre, des étangs, la place Sainte-Croix (future place Flagey)… La voiture est filmée de derrière, pas un autre véhicule. Ce qui permet de voir son parcours, les bâtiments, les policiers et les anonymes qu’ils croisent, comme sur l’avenue de la Couronne, où il double un régiment de militaires qui marche sur les pavés.

Bruxelles en 1897

Bruxelles a été filmée à la fin du 19e siècle par Alexandre Promio, collaborateur des frères Lumière. Alexandre Promio a réalisé un tour du monde au cours duquel il a effectué des prises de vues de lieux insolites. En 1897, il s’arrête à Bruxelles et capte la ville, alors capitale d’une des cinq puissances économiques mondiales.

Les endroits capturés sont assez classiques (Anspach, Bourse, De Brouckère) mais le travail de Promio constitue une des premières archives filmées de Bruxelles.

La Sonuma propose également des vidéos anciennes de Bruxelles accessibles via ce lien

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