Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre veut que le Palais Stoclet ouvre ses portes au public

La vue de l'extérieur.
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La vue de l'extérieur. - © HERWIG VERGULT - BELGA

C'est une démarche inédite: le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, Benoît Cerexhe (cdH) vient d'envoyer un courrier officiel aux héritiers Stoclet afin d'organiser une réunion sur le devenir du Palais Stoclet. Ce chef d’œuvre Art nouveau sis avenue de Tervueren, sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre justement, est inoccupé depuis le décès de la baronne Anny Stoclet. C'était en juin 2002. Jusqu'à aujourd'hui, selon toutes vraisemblances, les lieux sont vides. Tout au plus y séjournerait un concierge. Dommage pour le bourgmestre humaniste qui voudrait que ce site ouvre enfin ses portes au public, de manière permanente. Seuls quelques privilégiés (George Bush, Cocteau, Guitry, Anatole France...) ont pu admirer les intérieurs signés Josef Hoffmann, l'architecte de cette œuvre qui compte également des tableaux de Gustav Klimt.

Une oeuvre totale

Ce souhait de faire du bâtiment, érigé entre 1905 et 1911, un lieu de visites, Benoît Cerexhe le formelle aujourd'hui officiellement. "Je demande aux héritiers s'ils sont disposés à me rencontrer car je souhaiterais être tenu informé de l'avenir du palais Stoclet. Je constate qu'il est vide", regrette Benoît Cerexhe. "Ce qui est encore plus dommage c'est qu'un bien comme celui-là ne soit pas accessible au public. J'ai eu l'immense chance de pouvoir visiter de bâtiment. Je n'ai qu'un qualificatif: splendide!" Il faut dire que le palais Stoclet est une œuvre totale, cohérente. Ce qui n'a pas échappé aux instances belges et internationales. Le bien est classé depuis 1976, son mobilier depuis 2006. Depuis 2009, le palais Stoclet fait partie du patrimoine mondial de l'Unesco. Comme la maison personnelle de Victor Horta, le maître de l'Art nouveau en Belgique, située à Saint-Gilles. Un bâtiment qui, lui, est ouvert aux touristes.

Un intérieur "splendide"

"Je ne suis pas certain que l'on compte à Bruxelles des bâtiments aussi exceptionnels que l'est le Palais Stoclet", ajoute Benoît Cerexhe. "Ce joyau constitue une belle carte visite. Pas seulement pour ma commune mais pour l'ensemble de la Région bruxelloise. Il est fréquent que je sois interpellé par des personnes qui m'écrivent pour me demander si le palais peut être visité." Il y a donc une demande comme en témoignent les nombreux touristes qui s'arrêtent au pied de la grille de cette bâtisse pour dégainer leur appareil-photos. "Si ce projet est mené à bien, nous réaliserons le rêve de pas mal de personnes."

Reste que jusqu'à présent, le Palais Stoclet demeure un bien privé considéré comme une habitation. Comme l'avait souhaité, en 1903, le financier belge Alphonse Stoclet. C'est lui qui sollicita Hoffman pour réaliser sa demeure personnelle au 279-281 de l'avenue de Tervueren. A cette époque, les hôtels de maître poussent comme des champignons sur cette artère vitrine de la Belgique de Léopold II, le roi bâtisseur. Pour réaliser son projet, Stoclet admiratif du travail d'Hoffman donne carte blanche à ce dernier et surtout un budget sans limite. Au final s'élèvera un réalisation qui se situe entre l'Art nouveau et les prémisses de l'Art déco. Quant aux intérieurs, ils rivalisent de folie avec des marbres, des colosses en bronze, des toiles de Klimt et Khnopff...

Conflit avec les héritières

Au décès d'Alphonse Stoclet y habitera Anny Stoclet, jusqu'à son décès. Le palais passera ensuite entre les mains des quatre filles de la baronne représentées par une société. Des héritières qui s'opposeront jusqu'au bout au classement de l'ensemble du mobilier par la Région bruxelloise. Un mobilier estimé à plus de 30 millions d'euros! Une bataille qui fit rage entre 2006 et 2013, année d'un arrêt de la Cour de Cassation qui entérinera la décision régionale. Au cours de cette période, on parlera même d'une acquisition du bâtiment par l'Autriche à hauteur de 74 millions d'euros! Du jamais vu!

Si les relations entre les héritières et la Région n'ont pas été cordiales, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre veut dépasser le conflit et aller de l'avant. En espérant que sa lettre ne reste pas sans réponse.

 

 

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