Le bourgmestre de Saint-Josse ne veut pas de prostitution autour de la nouvelle crèche communale

La tour d'appartements sociaux de la rue Linné a été rénovée en profondeur grâce à Beliris
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La tour d'appartements sociaux de la rue Linné a été rénovée en profondeur grâce à Beliris - © Beliris

Cinquante logements sociaux complètement rénovés, un nouveau commissariat de proximité et une crèche de trente-six places, la partie de Saint-Josse située entre le Botanique et la Gare du Nord a vu ces derniers jours l'inauguration de nouveaux équipements censés redorer l'image du quartier. Et c'est vrai qu'il en a bien besoin. La rue de la Prairie, la rue des Plantes, et la rue Verte pourraient laisser penser que l'endroit est bucolique. En réalité, les rues étroites et les façades défraîchies montrent plutôt penser que le quartier à longtemps été oublié. Seuls les néons rouges de certaines vitrines témoignent d'une activité commerciale que le bourgmestre de Saint-Josse accuse depuis longtemps de favoriser la traite d'êtres humains. 

Dans un tel contexte, une rénovation complète et ambitieuse de plusieurs dizaines d'appartements, est forcément une aubaine pour les habitants trop souvent mal logés.

D'autant que cette rénovation ambitieuse (le projet répond à l'appel d'offre "bâtiments exemplaires") s'inscrit dans un projet de réaménagement du quartier autour d'un espace vert et d'une crèche. Aline Branders, architecte auprès du bureau A2M confirme l'attention portée à la lumière et à la réduction des charges énergétiques, mais elle ajoute également avoir conçu l'agencement des appartements en fonction des contraintes du quartier. Les baies vitrées de la crèche sont d'ailleurs orientées vers l'intérieur d'ïlot et non vers la rue et ses vitrines. 

Malgré cela, Emir Kir, bourgmestre PS de Saint-Josse estime la prostitution du quartier incompatible avec les nouvelles infrastructures: "Nous allons continuer à acquérir des maisons pour transformer le quartier en profondeur car les gens ne veulent pas venir vivre dans le quartier". Laisser les carrées autour de la nouvelle crèche serait selon lui, "indécent".

Cette volonté du bourgmestre de chasser la prostitution des rues de Saint-Josse a déjà donné lieu par le passé à un bras de fer, tant avec les représentantes des travailleuses du sexe qu'avec les propriétaires de carrées. Et l'intention affichée par Emir Kir de prendre de nouvelles dispositions pour chasser la prostitution du quartier ravive la colère. Marie n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins. Des carrées à proximité d'une crèche, pourquoi pas? "On y accueille des enfants de zéro à trois ans, de plus les enfants n'ont pas de vue directe sur les carrées. Pourquoi dès lors parler d'activités incompatibles?". Elle rappelle par ailleurs que la prostitution existe dans le quartier depuis très longtemps. La chasser n'aurait d'ailleurs aucun sens puisque la commune voisine de Schaerbeek l'autorise quelques mètres plus loin.

Mais le bourgmestre n'en démord pas. Ce mardi, il devrait proposer, lors de la réunion du collège communal, de nouvelles mesures pour éloigner la prostitution. Les travailleuses du sexe de leur côté rappellent qu'elles ont signé un bail et que leur salon a reçu un certificat de conformité. Dans le bras de fer qui les opposent au bourgmestre, elles n'entendent pas se laisser faire.

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