Le bio wallon continue de se développer et la crise du covid lui est bénéfique

La semaine bio 2020 devait se tenir en ce moment partout en Wallonie. Elle a été reportée à 2021 pour cause de covid-19. L’Apaq-W, l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité, vient tout de même d’entamer une grande campagne de promotion de l’agriculture bio wallonne. Elle l’a présentée ce mardi à la Brasserie Coopérative Liégeoise installée à la Ferme à l’Arbre de Liège à Lantin. Philippe Mattart est le directeur général de l’Apaq-W : "Il devait y avoir des événements, un marché de producteurs, des animations chez un grand nombre de producteurs et dans des points de vente, malheureusement, rien de tout cela… Néanmoins, on a réussi à réorienter nos actions en faveur d’autres types d’actions, sur les réseaux sociaux, dans les médias mais également sur des plateformes digitales. On recourt toujours comme on le fait annuellement à des ambassadeurs, il y a huit ambassadeurs qui représentent les différents sous-secteurs du secteur bio. Donc, voilà, il n’y a pas de semaine à proprement parler mais il y a une belle campagne avec beaucoup de visibilité pour le secteur."

L’effet positif de la crise

Paradoxe, la crise du covid-19 a un effet positif sur le bio et le local. "Toute crise se décline en opportunités et c’est le cas ici. On se rend compte que, d’abord, le bio a été privilégié par pas mal de consommateurs, mais les produits locaux également. Et bien souvent le bio rime avec local dans pas mal de points de vente à la ferme, dans pas mal de ventes en circuit court. Ça, c’est un point positif. On l’a constaté également dans la grande distribution qui enregistre une forte vente des produits locaux, mais aussi des produits bio.", observe Philippe Mattart.

Cet impact positif de la crise du covid-19 est démontré par une étude que vient de mener Biowallonie, la structure d’encadrement du secteur bio wallon. Ariane Beaudelot y est chargée de missions : "Biowallonie a fait une étude entre mars et mai, auprès de 115 producteurs, transformateurs et magasins bio et, en fait, c’est très positif. 75% des agriculteurs ont vu leurs revenus augmenter ou rester stables depuis la crise. Tous ceux qui faisaient du circuit court et de la vente directe ont vu vraiment leurs revenus augmenter." En ce qui concerne les motivations des consommateurs : "Il y a clairement la qualité des produits. En se disant : "Si on est en meilleure santé, on saura mieux se battre contre ce virus.". Puis il y a aussi le côté proximité des magasins bio, donc de pas devoir faire des longues files devant les supermarchés mais avoir des petits magasins de proximité avec beaucoup moins de files et un contact plus direct." Cet intérêt des consommateurs, il faut à présent espérer le maintenir. "Exactement, c’est la crainte de l’après covid-19, on espère qu’une partie de la population qui a découvert des nouveaux magasins, des nouveaux producteurs, qui a vu la qualité des produits, va continuer à acheter bio.", confirme Ariane Beaudelot.

Le bio wallon progresse encore

Ce mardi à Lantin, Biowallonie a aussi dévoilé le bulletin de santé annuel du secteur. Les chiffres 2019 indiquent que l’agriculture bio continue de se développer en Wallonie. La production et la consommation progressent en parallèle. "On est maintenant à 1816 fermes bio sur le territoire de la région wallonne. On peut maintenant trouver des fermes bio partout. Ça a augmenté de 74 fermes. Pareil au niveau de la surface agricole, maintenant une ferme sur sept est bio en Wallonie.", indique Ariane Beaudelot, "La Wallonie est une terre d’élevage, donc il reste beaucoup d’élevages, mais les grandes cultures et les fruits et légumes n’arrêtent pas de se développer. Au niveau de l’élevage, c’est surtout la filière avicole qui a particulièrement progressé, autant les poules pondeuses que les poulets de chair, puisqu’ils sont très demandés." Côté consommation justement, sa collègue Noémie Dekoninck pointe : "Une augmentation de 3%. Les fruits et les légumes, qui étaient déjà majoritairement consommés par les consommateurs bio, augmentent encore, avec les pommes de terre, et atteignent 41% des parts de marché." Mais certaines catégories de consommateurs doivent encore être convaincues. "20% des consommateurs qui achètent du bio représentent 80% des achats. Ils sont à un panier annuel de 947 euros alors que les 80% restants ne vont acheter qu’entre 20 et 100 euros par an. Certains diront que c’est un problème de prix. Je suis assez convaincue que les acheteurs qui achètent le moins ont ce frein-là en tête.", explique Noémie Dekoninck.

Autre confirmation : la Wallonie reste la locomotive du bio en Belgique. "Le Wallon moyen dépense 70 euros par an quand le Belge est à un peu moins de 40 euros. Je pense que le développement de magasins, de transformateurs et donc de toute une filière qui s’organise au niveau de la Wallonie stimule les Wallons à acheter ces produits-là.", conclut Noémie Dekoninck.

Un oeil sur demain: la demande pour les produits locaux a explosé (JT du 07/06/2020)

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