Le besoin d'image verte de l'aéroport de Charleroi

Hall du Terminal 1 de l'aéroport de Charleroi
Hall du Terminal 1 de l'aéroport de Charleroi - © ines s.

Ce sont toutes les installations techniques, de la chaudière aux systèmes d'air conditionné et de ventilation en passant par le tri des bagages que les responsables de l'aéroport de Charleroi et le partenaire Engie-Cofely faisaient visiter aujourd'hui. Car grâce à des chaudières à gaz performante, des équipements techniques réglés et surveillés par 25 techniciens du spécialiste en énergie, l'aéroport a vu sa consommation énergétique baisser de quelques 25%. Une performance qui, selon Stanislas De Pierpont, chief executive officer d'Engie Cofely, peut encore être améliorée en traquant la moindre faille en matière de consommation. Le bilan de l'aéroport semble donc bon. Il ne faut pas cracher dans la soupe. Cette économie est une vraie économie. Mais...

Un résultat à relativiser

La consommation énergétique d'un aéroport pour ses bâtiments ne représente qu'une part infime de l'empreinte carbone totale d'un aéroport. L'économie en terme d'émission de CO2 est donc anecdotique, selon Damien Ernst, spécialiste énergie et professeur à l'Université de Liège. Actuellement, l'activité aérienne, dont font partie les aéroports, ne représente que 4% de l'empreinte carbone mondiale. Mais cette activité est en croissance et devrait atteindre 7 à 8% en 2030. Et si Charleroi vient d'entamer l'allongement de sa piste, c'est précisément pour s'inscrire dans cette croissance. En 2018, 8 millions de passagers ont transité par les installations carolos. Avec une piste plus longue, c'est le cap des 10 millions qui est visé. Plus de passagers, donc plus d'avion et plus d'émissions. Philippe Verdonck, le CEO de l'aéroport de Charleroi, le reconnaît : "c'est sûr que l'énergie et le climat sont extrêmement important pour nous. C'est sûr que l'activité va connaître une forte croissance. Mais je crois aussi une grosse pression du public vis-à-vis de ça".

Et face à la conscience verte qui gagne les citoyens et face au message qu'ils envoient, affirmant vouloir explorer les alternatives à l'avion, il faut aux aéroports se montrer volontaire en matière de transition énergétique afin de poursuivre leur développement. Et en la matière ils auront à coeur de souligner le plus petit progrès.

Bon élève en certaines matières

Des pistes sont explorées par les gestionnaires de l'aéroport avec leurs partenaires - en ce compris, évidemment, les compagnies aériennes - afin d'améliorer ce qui peut l'être. Des panneaux solaires pourraient être installés sur les bâtiments du BSCA et participer à la création d'énergie verte. Les véhicules, bus ou engins de chargements et déchargements, au diesel pourraient être remplacé par de l'électrique... Mais un des vecteurs importants de pollution dans les aéroports, ce sont les avions dont les réacteurs fonctionnent alors que l'engin est bloqué sur le tarmac et ne peut décoller. Les retards de vols participent donc pour une part importante dans l'empreinte carbone des installations aéroportuaires. En la matière, heureusement, Charleroi est bon élève. Selon une enquête menée par une association de défense des passagers, AirHelp, auprès de 40.000 voyageurs, le Brussels South Charleroi Airport est le meilleur en terme de ponctualité, parmi 132 aéroports évalués à travers le monde. 

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