Le 18 mai, une date entourée sur le calendrier de papy et mamy : "Ça commence à faire long. Très long"

Françoise et Jeanne
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Françoise et Jeanne - © Ingrid Malbrenne

Pas de réunion de famille avant le 18 mai, en principe. La décision est tombée comme un couperet. De nombreux grands-parents se sont dits très tristes de cette annonce. Nous en avons rencontré quelques-uns.

Chez Françoise et Christian Malbrenne, les notes de téléphone risquent d’être salées. Ils passent leur temps, le cornet à l’oreille, à écouter les anecdotes que leur racontent Jeanne, Clément ou Adrien. "Parfois ils me font faire n’importe quoi", raconte Françoise en riant. "Adrien m’a fait danser du rap, par exemple. On rit…" Mais papy a les larmes aux yeux, tout de même, quand il parle des trois "petits". "On les a très souvent, d’habitude. On les garde trois fois par semaine. Alors, ça commence à faire long. Très long".


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Ils n’enfreignent pas les règles, ne se risquent pas à aller faire un coucou à la fenêtre. "On a peur des contrôles !"

Ils respectent les consignes, mais trouvent certaines mesures un peu "fort de café". "Permettre à des magasins de rouvrir avant que nous puissions revoir nos petits-enfants par exemple… Euh… Ça semble un peu illogique, non ?"

Le mois de mai devait être chargé en festivités, "une communion et une confirmation". Tout tombe à l’eau évidemment, "en plus de la cavalcade de Jemappes, où je devais faire le gille avec mes petits-fils", poursuit Christian. "Ce n’est que partie remise, il faut rester optimiste ! Ne pas se laisser aller !"

Stéphanie, elle, n’a plus vu sa petite fille Lia depuis le mois de janvier. "Lia et sa maman sont parties vivre en Espagne. On devait se voir à Pâques. Ça n’a pas été possible. C’est dur… Lia demande sans arrêt au téléphone "quand est-ce que je vais voir Mamy ? Quand est-ce que je vais voir tonton ? Parrain ?" Souvent, en raccrochant, on a les larmes aux yeux", explique la Jurbisienne.

Des retrouvailles incertaines

L’Espagne a payé un lourd tribut à la crise du coronavirus. Des mesures de confinement très strictes ont été décidées. "A partir de ce dimanche ils vont enfin pouvoir quitter, pendant une heure, l’appartement et prendre un peu l’air. Ça va être libérateur pour eux ! Vivre confinés comme ça avec une petite de 3 ans… C’est très compliqué !". Stéphanie n’ose plus donner de date pour les retrouvailles. "Pas avant juin, c’est sûr… Mais peut-être juillet ? Août ? Si l’Espagne ferme ses frontières au tourisme de masse, j’espère qu’ils donneront des autorisations pour les personnes qui viennent voir la famille ou qui ont des résidences secondaires…"
 

Nous avions proposé une petite interview à Dominique. "Impossible", nous écrit-elle, "je pleure trop pour le moment, je suis tellement triste. Jules fête ses 3 ans ce dimanche. Victor a 4 mois. Ils habitent à une quarantaine de km de chez moi et donc pas question d aller les voir dans leur grand jardin et réciproquement… Je ne comprends pas comment et pourquoi je peux aller faire mes courses… me retrouver sur un parking à 1,5 m de distanciation avec des inconnus qui ne portent pas de masque (j’en ai cousus pour toute la famille). Je pourrai les revoir quand je devrai rentrer à l école (je suis enseignante dans le secondaire). Jusqu’à présent, je remontais le moral de mes amies d’infortune. Mais aujourd’hui, c’est moi qui craque !"
 

Tant pis pour le risque d’amende

Certains grands-parents prennent le risque d’aller voir leurs petits-enfants, malgré les contrôles. "Je fais parfois un crochet, après être allée faire mes courses. Je reste de l’autre côté de la barrière. Je dépose un petit dessert pour les enfants, un plat maison pour la famille. Je les vois de loin, on ne s’approche pas. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à faire cela", témoigne une mamy anonyme.

Nonna sur Facebook

Jeanne Marie, elle, s’est lancée dans une série de vidéos à destination de ses petits enfants de 7 et 11 ans. 22 épisodes déjà, intitulés "Les parce que de Nonna". Une anecdote par jour : "Comment Peyo a-t-il trouvé l’expression Schtroumpfer ?" "Qui a inventé les notes de musique ?" Autant de sujets abordés par cette Nonna tournaisienne, ancienne professeure elle aussi, pour apprendre en s’amusant et surtout garder le contact avec Faustine, Anaïs et Anatole.

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