Le 123 rue Royale à Bruxelles : une expérience d'habitat groupé solidaire vieille de huit ans

Le 123 rue Royale
Le 123 rue Royale - © Rtbf

L'asbl 123 Logements célèbre ce week-end le huitième anniversaire de l'occupation de l'immeuble sis 123 rue Royale, dans le quartier Botanique à Bruxelles. 65 personnes maximum vivent dans ces anciens bureaux désaffectés appartenant à la Région wallonne. L'asbl organise ce vendredi un colloque sur les occupations temporaires et l'autogestion. Ce modèle de logement est-il reproductible ailleurs?

L'asbl "Woningen 123 Logements" a été fondée en 2004 lors de l'occupation de l'hôtel Tagawa avenue Louise par un groupe de militants pour le droit au logement. Il y a huit ans, l'expérience se poursuit avec un ancien immeuble administratif appartenant à la Région wallonne, au 123 de la Rue Royale. Il ne s'agit pas d'un squat au sens strict du terme puisque les occupants ont signé une convention avec le propriétaire.

Les "locataires" occupent les lieux à titre gratuit et la Région wallonne paie la moitié des charges. Pourquoi tant de générosité dans le chef de l'administration régionale? "Il s'agit d'une opération gagnant-gagnant, explique Réginald de Potesta, secrétaire de l'asbl. Quand nous sommes arrivés, le bâtiment était vide depuis deux ans et avait commencé à être vandalisé. Nous en prenons soin et notre présence évite à la Région wallonne de devoir payer la taxe sur les immeubles inoccupés. Le bâtiment est chauffé en permanence à 15° et la Région y a installé des douches pour le rendre vivable" .

Une tour de Babel bruxelloise

Au 123, le nombre d'occupants est limité à 65. On y trouve actuellement 7 familles, 7 enfants, 13 nationalités et différents profils : des personnes émargeant au chômage ou au CPAS, des sans-papiers, des étudiants et des travailleurs. La vie en commun s'articule autour de la réunion obligatoire du mardi soir, lors de laquelle se prennent les principales décisions. A chaque étage, les habitants ont bricolé une cuisine de manière à disposer de la plus grande autonomie possible. "Chaque étage a son atmosphère, sa personnalité", explique Réginald de Potesta. Outre le 123 rue Royale, l'asbl gère aussi 14 maisons rue du Progrès à Schaerbeek, sous convention avec Infrabel. Ce qui permet au total à 160 personnes de disposer d'un logement qu'elles éprouveraient sans doute les pires difficultés à trouver sur le marché privé, le secteur du logement social bruxellois étant en outre saturé depuis longtemps.

Un colloque ce vendredi

Le 123 n'est pas le seul projet d'occupation temporaire ou précaire en région bruxelloise. Ce vendredi, l'asbl organise un colloque avec des spécialistes de la politique du logement pour favoriser les contacts entre les différents collectifs et promouvoir l'auto-gestion et la réappropriation de bâtiments vides. Il se déroulera dans les locaux de l'asbl : l'occasion de visiter les 7 étages de ce lieu de vie pas tout à fait comme les autres.

P. Carlot

 

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