Lasne indemnise un agriculteur pour éviter les pesticides près d'une école

C’est un grand ouf de soulagement pour les parents, les enfants et les enseignants de l’Ecole Ouverte, à Lasne !
Il n’y aura plus de pulvérisation de pesticides sur les 2,9 hectares du terrain agricole voisin.

Après plus de 10 ans de discussions, direction, pouvoir organisateur, commune et agriculteur ont trouvé une solution originale. Le terrain bordant l’établissement scolaire sera "enherbé". Et l’agriculteur, lui, sera indemnisé par la commune.

Mesures antécédentes

Une zone tampon entre la cour de récréation et les cultures traitées, une plantation de maïs ne nécessitant qu’une pulvérisation par an, un traitement phytosanitaire (pesticides) appliqué en dehors des périodes scolaires,… l’agriculteur concerné respectait déjà une série de mesures réduisant les risques sanitaires. Mais la récente convention va plus loin. "Malgré ces mesures, certains parents avaient des craintes, bien compréhensibles", explique Nicolas Maron, directeur de l’Ecole Ouverte. "Nous avons eu des départs, des absences pendant la période entourant la pulvérisation, des questions, des doutes,… Mais aujourd’hui, la commune a pris les choses en main. Elle a proposé cette convention à l’agriculteur. En clair, il accepte de semer de l’herbe sur sa parcelle, ce qui exclut tout pesticide. Il faudra uniquement couper l’herbe, de manière mécanique. Donc, il n’y aura plus le moindre risque sanitaire. L’agriculteur, lui, sera indemnisé".

Convention win-win

Après des années de discussions, les différents protagonistes ont donc abouti à un accord satisfaisant pour tout le monde. "Des mesures restrictives étaient déjà appliquées", explique Cédric Gillis, échevin de l’agriculture. "Mais la convention que nous avons proposée écarte tout risque et apaise les parents, l’école et les riverains. Nous voulions aussi dédommager l’agriculteur. Il sera indemnisé à hauteur de 1850 euros par an et par hectare. Dans ce cas-ci, l’agriculteur possède une superficie de 2,9 ha à côté de l’école. La convention est valable pour quatre ans, pour permettre de faire le point étant donné l’évolution des réglementations en la matière, tant au niveau régional qu’au niveau européen. Au-delà du 31 janvier 2023, nous analyserons la situation. Il est dès lors possible que nous prolongions la durée de la convention. D’autres accords similaires avaient été conclus ailleurs. C’est par exemple le cas pour un agriculteur qui cultivait un terrain proche du centre sportif de Maransart".

Un agriculteur compréhensif

"Cette formule me convient", souligne Hervé Dessy, l’agriculteur propriétaire du terrain bordant l’école. "Il y a l’indemnité. Mais je pense aussi qu’un accord de ce type est important pour l’image de l’agriculture. Il faut tenir compte de notre travail, mais aussi de la santé des enfants et des riverains".

Le personnel de l’école aussi est satisfait. "Nous connaissons les risques sanitaires liés aux pesticides", confirme une éducatrice de l’Ecole Ouverte. "Nous sommes donc soulagés. Pour les enfants. Et pour nous aussi !"

Enfin, l’association des parents respire également. "L’agriculteur avait déjà réduit les risques", souligne Julien Marie, Président des Amis de l’Ecole Ouverte. "Mais certains parents nous interpellaient sur la qualité de l’air et les risques pour la santé des enfants. L’accord convenu apaise donc les parents, tout en respectant les intérêts de l’agriculteur".

L'opposition approuve

Du côté de l’opposition, Ecolo Lasne approuve la mesure. Les verts rappellent avoir demandé l’installation de capteurs à proximité des sites sensibles, il y a déjà quelques années. Après un vote à l’unanimité au conseil communal, la convention a déjà été signée par deux agriculteurs. D’autres suivront peut-être ailleurs dans la commune, voire dans d’autres entités, pour autant que le budget communal les y autorise.

 


 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK