Laeken: plaintes après des cortèges de mariages qui dérapent au parc Sobieski

Des voitures en double file qui bloquent la circulation.
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Des voitures en double file qui bloquent la circulation. - © D. R.

Stationnement sauvage, rodéos et wheelings à moto, dérapages en voiture, obstruction de la circulation, klaxons, musiques à fond... Les riverains du parc Sobieski, à Laeken, n'en peuvent plus. Depuis au moins deux ans, il ne se passe plus un vendredi, un samedi ou un dimanche sans que des cortèges de mariés ne viennent perturber leur quiétude. "Chaque week-end, c'est au moins une dizaine de mariages par jour", soupire Christian, un membre de la copropriété qui regroupe une centaine de propriétaires installés dans les immeubles au début de l'avenue Sobieski.

Un parc prisé par les organisateurs de mariages

Que recherchent les mariés, leur proches et les organisateurs des noces quand ils décident de se rendre ce quartier proche de l'Atomium? Un décor majestueux pour les prises de vue. Le parc Sobieski est un espace vert au charme exquis. On y trouve un étang bordé d'arbres singuliers. Pour les couples, impossible de ne pas prendre la pose pour immortaliser le plus beau jour de leur vie. Sauf que pour les riverains, c'est souvent l'enfer.

"Un jour, ça va mal finir!"

"Les couples et les cortèges qui les accompagnent ne viennent pas tous de la Ville de Bruxelles. Ils viennent aussi d'autres communes", explique Christian. "Visiblement, les organisateurs de mariages mettent en place une sorte de circuit qui passe par les plus beaux endroits de Bruxelles dont le parc Sobieski." Sur place, les nuisances s'enchaînent.

Les accompagnateurs des mariés s'immobilisent, dansent et chantent avant, pour nombre de voitures, d'emprunter un rue privée longeant les habitations pour s'y garer. "Parfois, ils bloquent l'accès à cette entrée privée, ce qui nous empêchent de sortir. Ce n'est pas agréable pour les personnes âgées par exemple. Des habitants s'énervent, des insultes s'échangent. Un jour, ça va dégénérer." Autre grief: les cortèges bloquent carrément l'accès à l'avenue Sobieski: les circulations en provenance de l'Atomium ou de l'avenue Houba de Strooper se retrouvent donc à l'arrêt pendant de très longues minutes. Les cars de touristes ne peuvent plus accéder au Heysel. 

La police? "Nous la contactons. Mais comme les faits se produisent plusieurs fois par jour, elle ne peut pas intervenir systématiquement." En juin 2012, pourtant, la police décide de sévir et organise une opération coups de poings sur l'avenue Sobieski. Résultat: une cinquantaine de véhicules et autant de personnes contrôlés, de multiples infractions constatées comme du stationnement illégal ou le franchissement de lignes blanches. Mais depuis cinq ans, le problème n'est toujours pas résolu.

Un tiers des mariages qui dégénère

"Les cortèges sont devenus plus nombreux. Tous ne posent pas problème, c'est clair! Un tiers se déroulent bien. Un tiers sont plus importants, plus bruyants mais sans débordements. Et puis le dernier tiers dégénère en corridas avec des rodéos, des conduites dangereuses, des voitures qui vont jusqu'à pénétrer dans le parc... Par ailleurs, c'est surtout un problème d'entourage, pas des mariés en eux-mêmes."

Il y a un an, les riverains sollicitent les pouvoirs publics ainsi que Bruxelles Environnement, le gestionnaire du parc Sobieski. Fin décembre, une première réunion est organisée. Et récemment, les solutions envisagées ont été discutées entre riverains.

Après avoir réceptionné plusieurs plaintes, Alain Courtois, Premier échevin MR en charge de l'Etat civil, estime que la situation a assez duré.  "Un samedi, j'ai moi-même été constaté les débordements sur place. C'est tout simplement inouï. Et vu le degré de nervosité entre riverains et participants aux cortèges, je veux tout faire pour éviter qu'il y a un jour un drame. Des personnes incommodées sont prêtes à se faire justice elle-même. Je prends donc ce problème très à cœur."

Un document remis aux futurs mariés

Parmi les solutions discutées avec Alain Courtois, la mise en place de bornes limitant l'accès aux espaces privés aux seuls riverains. "Nous devons également retrouver les organisateurs de ces cortèges afin de leur expliquer qu'il existe d'autres endroits pour des séances-photos car il faut également faire en sorte que le parc Sobieski, géré par Bruxelles Environnement, ne soit pas saccagé." En ce sens, un document est remis aux futures mariés par l'administration de la Ville de Bruxelles. Il les invite à "respecter la quiétude des riverains de la Grand'Place et des lieux" qui seront visités "lors (des) prises de photos".

Alain Courtois promet aussi d'alerter à nouveau la police de la zone Bruxelles-Ixelles sur la problématique. Il souhaiterait que de nouvelles opérations de contrôles soient menées.

Un lieu unique pour les séances-photos nuptiales

Mais pour Christian, le riverain, la solution serait peut-être de dédier un endroit dans la région bruxelloise aux prises de vue nuptiales. "Trouver un endroit à Bruxelles qui serait dédié à ce type d'événements serait une solution, car le souci ne se présente certainement pas qu'à l'avenue Sobieski. Et plutôt que de déplacer le problème, il vaut peut-être mieux décider d'un endroit qui serait le plus judicieux et qui satisfasse tant les mariés que les habitants des quartiers résidentiels."

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