Laeken : Deux fresques sur le conflit israélo-palestinien

Toute l'équipe de l'édition 2018 de "Israel-Palestine : mieux comprendre"
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Toute l'équipe de l'édition 2018 de "Israel-Palestine : mieux comprendre" - © Tous droits réservés

Ce lundi, l’athénée Marguerite Yourcenar à Laeken inaugurait deux fresques sur ses toits. L’œuvre de deux street artistes qui ont tenté de représenter le voyage d’un groupe d’élèves bruxellois en Israel et en Palestine en février dernier. Deux murs recouverts d’un message de paix autour du conflit israelo-palestinien : déconstruire les murs pour mieux construire des ponts.

Ce lundi midi, ils étaient une bonne vingtaine sur les toits de l’athénée Marguerite Yourcenar, à quelques pas du canal de Bruxelles. Les élèves qui participent au projet "Israël-Palestine : mieux comprendre" organisé par l’ASBL "Actions in the Mediterranean" en collaboration avec la Ville de Bruxelles et leurs enseignants venaient inaugurer deux grandes fresques.

Un travail artistique qui prolonge le travail des élèves

Ces deux fresques, c’est le travail de deux artistes : Samuel Idmtal et Orlando Kintero. Des street artistes qui ont tenté d’exprimer ce que les élèves ont vécu pendant leur voyage en Israël et en Palestine et dans la préparation de ce voyage. D’un côté : deux élèves entrain de déconstruire le mur à la frontière entre Israël et la Cisjordanie occupée ; de l’autre, les mêmes murs utilisés pour construire un pont sur lequel deux hommes marchent. Ces deux hommes, ce sont Bassam Aramin et Rami Elhanan, un palestinien et un israélien qui ont tous deux perdu leur enfant dans le conflit et se sont découvert une amitié, contre toute attente. Les élèves ont pu rencontrer ces deux hommes qui portent un message de paix et de dialogue. Une rencontre qui les a forts influencés dans leur approche, et qui a logiquement trouvé un écho dans ces fresques. Pour Leila Anich, l’une des élèves, c’est "(...)un moyen de laisser une trace du travail accomplis". Un projet débuté en septembre 2017 avec l’ASBL "Actions in the Mediterranean".

 

"Israël-Palestine : mieux comprendre", un projet de longue haleine

Depuis un an, les jeunes de quatre écoles de la capitale travaillent ensemble sur la question du conflit israélo-palestinien. Une question complexe que l’ASBL "Actions in the Mediterranean", initiative de Simone Susskind (PS), a voulu traiter avec des jeunes issus de milieux différents. Ce projet débuté fin 2017, c’est d’abord une rencontre entre des élèves d’écoles et de quartiers bien différents. Et puis, c’est aussi une réflexion de longue haleine autour de l’un des conflits les plus difficile à appréhender. C’est le constat d’une "violence verbale, d’une violence physique qui a éclaté ici en marge des affrontements à Gaza en 2014 qui nous a poussé à travailler avec des jeunes pour les aider à essayer de comprendre" explique Olivia Sterling, coordinatrice de l’ASBL AIM.

Cette expérience de deux ans, elle se passe en trois phases : une préparation au voyage avec une remise en contexte des principaux moments d’Histoire, de la Shoah aux dernières manifestations sur la bande de Gaza ; la deuxième phase est le voyage d’une semaine en Israël et en Palestine ponctuée de visites de lieux de commémorations, de colonies israéliennes et de la rencontre avec des élèves israéliens et palestiniens ; la dernière phase, après le voyage, est celle de la présentation du projet à d’autres élèves.

Un voyage qui change tout

Ces jeunes deviennent alors des "ambassadeurs nuance" qui vont venir parler du conflit à d’autres élèves. Lors de ce voyage et de la réflexion initiée en amont, les jeunes ont pu saisir un peu mieux le conflit israélo-palestinien. Pour Yasmina Nadir, l’une des élèves de l’Athénée Marguerite Yourcenar, "(…) je ne savais pas c’était quoi la Shoah, je donnais parfois mon opinion mais sans avoir de base pour dire ce que je disais. Après le voyage, j’ai réussi à me mettre à la place de beaucoup de personnes qui sont dans ce conflit". Du côté d’Ilyas Benayad, un autre élève, ce sont parfois "les médias qui choisissent les informations qu’ils veulent nous faire parvenir, quand tu vas sur place, tu peux te faire une idée toi-même".

Une expérience riche qui aura permis à ces jeunes d’étoffer leur esprit critique avant de quitter – bientôt - le secondaire. De quoi donner des idées à d’autres écoles à Bruxelles ou ailleurs en Belgique.

 

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