La ville de Liège maltraite-t-elle ses pauvres ?

Liège chercherait-elle à cacher la misère qui s’affiche en rue ? (illustration)
Liège chercherait-elle à cacher la misère qui s’affiche en rue ? (illustration) - © Flickr – Kevin Vanden

Récemment, le durcissement du règlement sur la mendicité a suscité la polémique. Un incident anodin, qui s’est récemment passé près des Chiroux, vient en tous cas illustrer la chose. Au-delà de la question de lois, de décrets, ou d'arrêtés de police, les autorités communales, en cherchant à cacher la misère sur leur territoire, pourraient induire – peut-être – des comportements discriminatoires.

La scène se déroule jeudi, en fin d'après-midi, sur la place des Carmes, à l'entrée du piétonnier liégeois. L'endroit est habituellement fréquenté par des sans domicile et des toxicomanes. Mais, pour l'été, le bassin et le jet d'eau ont pris des allures de pêche aux canards, avec quelques chaises longues, et quelques boules de pétanque. C'est de la réappropriation citoyenne.

Jeudi en fin d'après-midi, donc, quelques familles profitent de l'ombrage, et deux mendiants boivent une canette de bière dans des transats. Ils discutent avec les badauds et blaguent avec l'un des gamins. Un couple arrive, mais ne trouve pas de siège. Les stewards interviennent, et évacuent les deux sans-papier, qui vont s'installer quelques mètres plus loin. Les stewards restent sourds aux protestations du public. Les deux clochards expliquent qu'ils ont l'habitude, et que ce n'est pas grave.

Certes, l'initiative de cette opération estivale revient à une association de commerces, mais elle est financée par des subsides municipaux et même européens. Et il s'agit clairement d'une discrimination sociale. A quand le certificat de bonne vie et mœurs, ou l'avertissement-extrait de rôles des impôts sur le revenu pour s'asseoir sur un banc public ? Les Liégeois se targuent, pour 2017, d'accueillir le monde. Le monde, mais peut-être pas tout le monde.

Michel Gretry

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