La ville de Levallois-Perret en France veut stopper son jumelage avec Molenbeek

Le panneau à l'entrée de la ville de Levallois.
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Le panneau à l'entrée de la ville de Levallois. - © Balkany

Conséquence concrète des récents attentats de Paris et de leurs ramifications molenbeekoises, la ville de Levallois-Perret dans le département des Hauts-de-Seine, près de Paris, en France souhaite interrompre de manière officielle son jumelage avec la commune de Molenbeek-Saint-Jean. Un jumelage qui date de 1981, soit avant l'arrivée au pouvoir dans la ville du controversé maire Patrick Balkany et son épouse Isabelle Balkany.

Celle-ci, qui fait office de Premier adjoint, explique d'ailleurs sur Facebook: "Vous avez été un certain nombre à vous interroger, et à nous interroger, sur le jumelage de Levallois avec la ville de Molenbeek en Belgique, que les médias évoquent abondamment depuis quelques jours... Ce jumelage a été initié par la Municipalité levalloisienne socialo-communiste de l'époque, en 1981..." soit du temps du bourgmestre molenbeekois Marcel Piccart (PS puis FDF). "Depuis 1983", ajoute Isabelle Balkany, "et l'élection de l'équipe dirigée par Patrick Balkany, contrairement au jumelage fraternel et actif avec nos amis allemands de Berlin-Schöneberg, le jumelage avec Molenbeek a totalement été mis en sommeil... Il n'est toujours existant que sur le papier. Le Conseil municipal décidera ce qu'il doit en advenir, mais au regard des événements actuels, il ne s'agit pas là d'une urgence immédiate."

Une évidence: si le jumelage est dans les faits en sommeil, le nom de Molenbeek est clairement inscrit sur les panneaux à l'entrée de la ville de Levallois. A Molenbeek, on retrouve même une rue de Levallois-Perret, coincée entre le boulevard Machtens, l'avenue des Ménestrels, l'avenue du Scheutbos et l'avenue des Missionnaires.

"Molenbeek ne veut pas être associée aux Balkany"

A Molenbeek, l'échevin en charge des Jumelages depuis 2006, Ahmed El Khannouss (CDH) sourit: "Ce jumelage était un jumelage bidon au sens où Molenbeek n'y a jamais donné suite. Ce jumelage n'a jamais été effectif pour la simple et bonne raison que la commune de Molenbeek ne voulait plus à un moment donné avoir de relations avec les époux Balkany qui trainent quand même quelques casseroles depuis qu'ils sont à la tête de leur ville. Je pense que Madame Balkany, par sa sortie, avait besoin d'un coup de communication pour redorer son blason et celui de son époux. Voilà, c'est fait!

Des propos durs que le maire de Levallois-Perret, en personne, a commenté au travers d'une lettre envoyée à Françoise Schepmans (MR), la bourgmestre de Molenbeek. Les propos de l'échevin El Khannouss? Patrick Balkany les qualifie dans ce courrier de "déplacés", "malvenus" et "injurieux". Il ajoute: "Je n'ai volontairement pas cédé aux pressions des médias, comme d'une partie de mes administrés, visant à dénoncer formellement et publiquement ce jumelage. (...)Je ne souhaitais pas ajouter à une situation que je devine particulièrement difficile pour votre commune et ses élus un tel acte, certes symbolique dans les faits, mais qui aurait pu avoir une portée politique à votre égard que je ne désirais pas".

Au Scan du Figaro, il explique, un peu ironique: "J'ai été une fois à Molenbeek, en 1983 ou 1984 juste après mon élection mais il n'y a pas eu de suite. Il doit seulement rester deux ou trois panneaux dans la ville. Molenbeek est surtout jumelée avec la DGSI (NDLR: la Direction générale de la Sécurité intérieure, basée à Levallois). Je sais bien que c'est à Levallois mais enfin bon..." Et il confirme que le prochain conseil municipal sera consulté sur ce jumelage qui sent aujourd'hui le souffre. "Mais ce n'est pas une urgence."

A l'heure actuelle, Molenbeek n'est jumelée qu'à une seule ville, Oujda, au Maroc. Elle compte aussi deux partenariats, l'un avec M'Bour au Sénégal et un autre avec Moqrisset au Maroc.

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