La ville de Gand "donne le pouvoir au citoyen de voter pour des projets"

La Première était en direct de Gand vendredi matin. L'occasion de faire le point sur l'ambiance politique de la ville à quelques mois des élections communales 2018.

Gand a développé des structures pour remettre le citoyen au cœur de l'action en lui donnant un certain pouvoir de décision au sein de l'administration communale. Mais il existe toujours la "formation traditionnelle" composée d'un bourgmestre, d'un collège et d'un conseil communal.

"Donner des décisions au citoyen"

Mais comme l'explique Karl-Filip Coenegrachts, responsable du développement stratégique de la ville de Gand, on ne peut pas donner tout le pouvoir. "La démocratie représentative est encore là et ce n’est pas possible de donner toutes les décisions aux citoyens. Il est possible de leur donner quelques décisions. C’est ce qu’on a fait ici à Gand."

Les premiers projets ont débuté il y a 25 ans, ils concernent par exemple l’aménagement d'un quartier, des parcs, des voiries, la propreté. Aujourd’hui, il existe aussi un service de participation citoyenne au sein même de l’administration communale. 17 projets ont été mis sur pieds pour un budget d'environs 100.000 euros, donné directement aux citoyens. Concrètement donc, une partie du pouvoir communal leur est confié.

"Les gens ont des idées sur l’avenir de la ville et on peut les supporter. Il n’y a pas de critère politique. On a donné le pouvoir au citoyen de voter pour des projets", ajoute-t-il.

"Avoir un support"

Marc Reynebeau, éditorialiste au Standaard, précise de son côté qu'il y a "d’autres projets similaires dans d’autres villes en Flandre et je suppose aussi en Wallonie. Mais il y a toujours une différence entre ce que fait le pouvoir communal et les besoins qui existent sur le plan très local : un parc, un jardin public,…"

L'idée, selon lui, c'est que les citoyens peuvent s'exprimer. "On a réalisé que le pouvoir politique ne sait pas tout et ne doit pas tout faire. Que c’est bien d’engager la population pour avoir un support."

Le pouvoir communal encourage cet investissement, "mais la ville reste politiquement responsable", insiste le journaliste.

Le conseil communal décide toujours

Autre exemple, la création d'un cabinet citoyen pour piloter la mise en œuvre du plan de circulation. Un enjeu majeur, comme dans toutes les grandes villes belges, pour ces élections communales 2018.

"L’idée c’était d’avoir un groupe représentatif d’habitants de Gand qui ont des commentaires à faire sur le plan de circulation", complète Karl-Filip Coenegrachts.

150 citoyens en font partie, mais est-ce réellement représentatif de ce que veulent les gantois? "On a reçu 800 candidatures et on a aussi demandé à l'Université de Gand de faire une analyse sociologique pour avoir un groupe représentatif."

Mais ce n'est pas pour autant que le cabinet citoyen prend des décisions concrètes: "Il donne des avis au conseil communal et c’est ce dernier qui décide les adaptations." C'est au bourgmestre et à ses échevins de trancher sur la question.

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