La ville de Bruxelles – en version XXL - fête ses 100 ans

La loi du 30 mars 1921 prévoit d'intégrer Laeken et les villages de Haren et Neder-Over-Heembeek au territoire de la Ville de Bruxelles
La loi du 30 mars 1921 prévoit d'intégrer Laeken et les villages de Haren et Neder-Over-Heembeek au territoire de la Ville de Bruxelles - © Wikimedia Commons

C’est une date importante dans l’histoire de Bruxelles. Il y a 100 ans jour pour jour était adoptée la loi Max du 30 mars 1921 ayant pour objet l’agrandissement de la ville de Bruxelles, en vue de l’extension des installations maritimes. Les communes autonomes de Laeken, Neder-Over-Heembeek et Haren allaient être intégrées au territoire de la Ville de Bruxelles pour constituer la grande commune que l’on connaît aujourd’hui.

Cette fusion, Bruxelles l’a longuement souhaitée avant qu’elle devienne effective. Il faut dire qu’à l’époque, la ville déborde. L'agglomération bruxelloise compte plus d’un million d’habitants et la Ville cherche de la place pour installer de nouvelles infrastructures. "Notamment parce qu’il y a la modernisation de la ville, explique l'historien Roel Jacobs. On a besoin de l’eau, du gaz, de l’électricité. Voilà pourquoi tout au fil du siècle, les dirigeants de la ville essaient d’obtenir l’autorisation d’agrandir leur territoire".

Opposition au parlement

La ville convoite donc les faubourgs voisins. "Laeken est un de ces grands faubourgs en plein développement, qui vaut Schaerbeek ou Anderlecht. Les deux autres sont des villages très paysans, très ruraux à ce moment-là. Mais ils se trouvent tous les trois le long du canal".

Mais ces faubourgs font de la résistance. "Ils ont tendance à se considérer à l’égal de la ville. Quand on essaie de négocier, ce n’est jamais possible. Et au parlement, où il y a plus de Flamands et de Wallons que de Bruxellois, on estime que la capitale est déjà bien lotie comme ça. On dit non".

Adolphe Max, héros national

Mais la première guerre mondiale va venir changer la donne. "Le Bourgmestres Adolphe Max a été un des héros de la résistance contre l’occupation allemande, rappelle Roel Jacobs. Il a passé la guerre en prison et est revenu en héros national, en légende vivante. Il siège au parlement, où il va faire pression".

Sans compter qu'à cette époque, le contexte politique y est plus favorable: "En 1921 auront lieu les premières élections locales avec le droit de vote des femmes. Il y a un problème car Laeken, le grand faubourg en plein développement, est aussi la résidence officielle du Roi des Belges. Et Bruxelles, la capitale. Or, dans ce nouveau contexte politique, on ne sait pas très bien comment l'électorat va se comporter, on a quand même un peu peur de la nouvelle situation. Et là ça devient génial d'ajouter Neder-Over-Heembeek et Haren avec leur caractère rural. Car les gens y cultivent des chicons, vont à la messe et votent comme Monsieur le Curé leur a demandé".

A Haren et Neder-Over-Heembeek, les gens votent comme Monsieur le Curé

Alors quand les partis bruxellois (libéraux, catholiques et socialistes) reformulent une proposition en 1921, ça passe. La fameuse loi Max – du nom du Bourgmestre de la Ville- sera votée le 30 mars. Elle dit en son article 1er que les communes de Laeken, Neder-Over-Heembeek et Haren, ainsi que les parties des territoires des communes de Schaerbeek et de Molenbeek-Saint-Jean respectivement teintées en rose et en vert sur les plans annexés à la présente loi sont incorporées au territoire de la ville de Bruxelles.

Avec Laeken, Neder-Over-Heembeek et Haren, la ville s’installe autour du canal, zone industrielle moderne. Elle est directement en connexion avec Anvers et donc l’international. C’est aussi en 1921 que sera inauguré le nouveau port maritime de Bruxelles.

Festivités autour du Centenaire

Cent ans plus tard, la ville de Bruxelles veut marquer le coup. Elle organise dès aujourd’hui et tout au long de l’année, des activités festives adaptées au contexte sanitaire, en collaboration avec les associations et les centres culturels locaux.

Bruxelles, Neder-Over-Heembeek, Laeken et Haren seront ainsi ralliées par un parcours culturel et patrimonial sur les quais et aux abords du canal de Willebroeck, dont quatre fresques monumentales. "On renforce le parcours street art avec quatre fresques monumentales, explique l’Echevine de la Culture et des grands événements Delphine Houba. 'Quatre' comme le nombre de communes qui ont fusionné. Quatre femmes artistes vont réaliser des fresques le long du canal de Willebroek, qui est le trait d’union entre ces quatre communes". A travers ce parcours street art, la ville compte développer "toute une série d’outils pour de chouettes balades à pied ou à vélo avec un podcast historique".

Des expositions se mettent aussi en place, grâce à une mise à disposition d’archives et à travers le recueil de témoignages d’habitants sur différents thèmes. "On espère aussi début juillet organiser un événement festif peut être un peu plus folklorique qui soit plus officiel mais aussi familial. On va réfléchir aussi à un challenge participatif". Bref, une série de rendez-vous adaptés aux mesures sanitaires.

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