Polémique autour des contrôles STIB aux 20km de Bruxelles

Montgoméry, 9 heures dimanche matin, les usagers de la STIB débarquent en masse du métro, direction, point de départ des 20 km de Bruxelles au Cinquantenaire. Une grosse dizaine d'agents de la STIB les attendent de pied ferme pour vérifier leur titre de transport et c'est l'engorgement. Certains ont baissé les bras devant la file aux caisses de la STIB, Gare Centrale, d'autres ont laissé tout simplement leur portefeuille à la maison, dossards et équipements de course à pied n'ont pas de poche prévue à cet effet.

"Mais où est-on dans ce pays?"

"Je ne suis pas étonnée, je suis furieuse, je suis furieuse parce qu'on avait un accord avec la STIB l'année dernière et ça s'est merveilleusement bien passé, que eux n'ont pas voulu réitérer cette année", explique Carine Vestraeten, organisatrice des 20 km de Bruxelles. "J'ai déjà dit qu'on espérait renouer cette tradition l'année prochaine, alors je trouve que c'est très petit, si vous me permettez cette expression, un jour où tout le monde est là pour faire la fête, où on est fier de la Ville, où on va ternir l'image des 20 km, avec un contrôle STIB, mais où est-on dans ce pays?".

Une procédure normale en cas de grand évènement, d'après la STIB

"Il y a eu des contrôles ce (dimanche) matin à la station Schuman et à la station Montgoméry, lors de chaque événement d'importance où il y a beaucoup de monde qui se déplace, il y a une présence d'agents de la sécurité de la STIB sur le terrain dans le transport public pour sécuriser les lieux et s'assurer que tout fonctionne bien", explique Françoise Ledune, porte-parole de la STIB.

"Et bien entendu, eh bien, ils profitent aussi de cette présence pour effectuer du contrôle puisque le transport public est payant", poursuit-elle.

Le fait que l'année passée, le transport gratuit pour les coureurs, ne crée-t-il pas un message ambigu? "Cette année, pour une question budgétaire, les organisateurs ont décidé de ne pas renouveler le deal qu'ils avaient avec la STIB, pour permettre aux coureurs de se déplacer gratuitement sur le réseau de transports publics, à partir du moment où ils avaient le dossard", précise la porte-parole du transporteur bruxellois. 

Cela dit, Françoise Ledune affirme que "la présence d'agents de sécurité lors d'événements, n'est pas liée aux 20km de Bruxelles. Elle est là pour tous les grands événements d'importance".

Vincent De Wolf (MR) demandera à la ministre compétente de faire annuler les amendes

L'opération a pu surprendre des participants. Elle a en tout cas été dénoncée par le député-bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf qui s'est dit alerté par certains d'entre eux qui n'ont pu finir la course.

Le chef du groupe MR au parlement bruxellois a précisé qu'il demanderait à la ministre du Transport Brigitte Grouwels (CD&V) de procéder à l'annulation pure et simple de toute amende administrative dressée à l'égard des coureurs. Blessés ou à bout de force, ceux-ci ont emprunté le réseau des transports publics pour rejoindre l'arrivée des 20km.

Ils ont été contrôlés par la brigade de contrôle de la STIB, "ce qui vient très regrettablement ternir l'image des 20km et de la Région de Bruxelles-Capitale qui accueille, aujourd'hui, des coureurs venus des quatre coins du pays", a déploré Vincent De Wolf. Le chef du groupe MR au parlement bruxellois estime que l'on ne peut raisonnablement demander aux coureurs d'être équipés de leur porte-feuilles et de leur petite monnaie.

Le Vice-président du CA de la STIB veut "une explication claire"

Le Vice-président du conseil d'administration (CA) de la STIB, Ridouane Chahid, s'est lui aussi indigné dimanche de contrôles opérés dimanche par la société bruxelloise à l'égard de participants aux 20 kilomètres de Bruxelles.

"La direction de la STIB a encore une fois brillé par son mépris vis-a-vis de ces usagers! Je demanderai au conseil d'administration prévu mardi une explication et elle a intérêt a être claire et justifiée. Nous devons en tant que transport public soutenir toutes les formes de mobilité", a affirmé quant à lui Ridouane Chahid qui représente le PS au conseil d'administration de la société bruxelloise de transport en commun.

Pour lui, l'objectif des transports en commun est de souscrire à toutes formes d'initiatives qui peuvent diminuer l'usage de la voiture.

Un arrangement à l'amiable pour faire tomber les amendes ?

La ministre bruxelloise du Transport Brigitte Grouwels (CD&V) a soutenu dimanche soir la direction de la STIB mais condamné l'attitude de son Vice-président pour avoir "attaqué frontalement la société bruxelloise sans connaissance de cause".

 

Tout en faisant part de sa sympathie pour les "20 kilomètres de Bruxelles" et le travail de plusieurs années de ceux qui en ont la charge, elle a dit retenir le fait que les organisateurs n'avaient prévu aucune facilité en transport en commun pour les 30 000 participants sans les en avoir prévenus, ce qui a été à l'origine d'une grande confusion.

La ministre a demandé en conséquence à l'organisation de la course d'encore conclure malgré tout un accord avec la STIB, avec effet rétroactif sur ces facilités de transport. Via un arrangement à l'amiable, les amendes qui ont été infligées dimanche pourraient tomber, a-t-elle précisé. 

 

Brigitte Grouwels soutient la STIB mais pas Ridouane Chahid

Par ailleurs, Brigitte Grouwels a "fermement condamné l'empressement systématique à se profiler, du Vice-président de la STIB (ndlr: Ridouane Chahid)... On peut attendre d'un Vice-président un sens de la responsabilité et un rôle d'ambassadeur à l'égard de l'organisation qu'il représente. Mais avec ses propos systématiquement dénigrants, cet homme essaie surtout de se profiler au préjudice de l'organisation qu'il est supposé représenter et promouvoir. La ministre Grouwels abordera son fonctionnement toujours plus problématique au sein du gouvernement", a affirmé dimanche soir son cabinet. 

Odile Leherte avec Ju. Vl. et Belga

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