La sortie du diesel en 2030 à Bruxelles, quel est le calendrier des autres capitales européennes ?

Le gouvernement bruxellois a détaillé ce vendredi matin le calendrier de l’interdiction des moteurs thermiques prévue au plus tard pour 2030 (diesel) et 2035 (essence). La zone de basses émissions prévoit les étapes jusqu’en 2025, il faut maintenant échelonner les différentes interdictions sur ces prochaines années. 

L’objectif est d’agir sur la qualité de l’air à Bruxelles, le transport routier étant l’une des principales sources d’émissions de polluants atmosphériques. La mesure devrait permettre aussi à Bruxelles de limiter les émissions de gaz à effets de serre et de tendre vers les objectifs européens climatiques. La région bruxelloise s’est engagée à réduire de plus de 40% ses émissions directes de gaz à effet de serre par rapport à 2005, de manière à approcher la neutralité carbone en 2050.

La sortie des moteurs thermiques est aussi à l’agenda d’autres capitales européennes. A quel rythme comptent-elles sortir du diesel et de l’essence ? Bruxelles fait-elle du zèle ? Petit tour d’horizon.

A partir de 2024

Pour y voir clair, l’ONG américaine International Council on Clean Transportation (à l’origine du Dieselgate) a réalisé un travail de fourmi en résumant les échéances des capitales européennes dans ce rapport qui date de mai 2020. L’ONG classe les capitales qui ont fixé dans leur accord et programme la date de sortie du diesel, de l’essence.

Chaque ville a taillé son propre plan en fonction de sa géographie, son parc automobile, les fourchettes horaires pendant lesquelles ces véhicules sont interdits, les exemptions à cette zone etc. Mais le tableau comparatif vaut le coup d’œil. Et un premier constat : les villes avancent souvent plus vite que les Etats.

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© ICCT, "Overview of combustion-engine car phase-out announcements across Europe"

2024 pour Oslo, Paris et Rome

Trois capitales européennes tiennent la corde sur ce dossier.

Paris, depuis 2017, a instauré une Zone à Faibles Emissions, ZFE de son petit nom. Au début du mois de juin d’ailleurs, cette zone vient d’élargir l’interdiction en semaine et dans le Grand Paris des plus vieux moteurs diesel et essence des véhicules aux vignettes Crit’Air 4 (les véhicules diesel Euro 1,2 ou 3, immatriculés avant le 31 décembre 2005 et des véhicules essence immatriculés avant le 31 décembre 1996). Ces vignettes Crit’Air indiquent le niveau de pollution des véhicules.

La sortie totale du diesel est elle programmée d’ici à 2024 et à 2030 pour les véhicules à essence. C’est écrit dans le Plan Climat de Paris.


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Oslo est l’une des capitales européennes pionnières en la matière. Elle prévoit que d’ici à 2024 son centre-ville soit totalement vidé de voitures qui émettent du CO2. En 2030, ce sera élargi à toute la ville (voitures, véhicules utilitaires légers et lourds, taxis et véhicules de chantier). Depuis 2019 déjà, les voitures ne sont plus les bienvenues dans l’hypercentre d’Oslo.

Dans ce pays exportateur de pétrole, cette politique va de pair avec un système d’incitations fiscales pour promouvoir la voiture électrique. En janvier dernier, la Norvège est devenue en 2020, "le premier pays au monde où les voitures électriques ont représenté plus de 50% des nouvelles immatriculations annuelles".

Oslo n’est pas la seule ville à poursuivre ces objectifs : Bergen, à l’Est du pays, imagine qu’en 2025 toutes les voitures particulières, le transport de marchandises, les véhicules lourds fonctionneront sans énergie fossile.

Par ailleurs, la Norvège sera en 2025 le tout premier pays à interdire la commercialisation de nouveaux modèles à moteurs thermiques. On y reviendra un peu plus tard.


►►► A lire aussi : Norvège : premier pays au monde à dépasser les 50% de voitures électriques vendues


La maire de Rome, Virginia Raggi du Mouvement 5 étoiles avait annoncé en 2018 l’interdiction des voitures diesel de son centre historique en 2024. La mesure vise à améliorer la qualité de l’air pour la population, mais aussi à protéger les monuments en pierre et sculptures de bronze de la Ville de Rome qui souffrent de la pollution de l’air.

Par ailleurs, au Nord, la Ville de Milan située au cœur d’un bassin industriel a déjà annoncé qu’elle voulait interdire le diesel d’ici à 2030.

2025 pour Amsterdam et Londres

Amsterdam entend aussi interdire les véhicules thermiques par étapes. En 2030, les seuls véhicules autorisés à circuler à Amsterdam rouleront à l’électrique ou à l’hydrogène. Les autorités espèrent réduire grâce à cette mesure la pollution de l’air et coller aux seuils de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, plutôt qu’à ceux de l’Union européenne, moins sévères.

L’approche défendue dans le plan d’action, le Clean Air Action Plan, imagine la réalisation de cet objectif en partant du centre-ville vers l’extérieur et des véhicules "business" vers les véhicules privés. En 2022, prévoit donc ce plan, le centre-ville sera une zone sans émissions pour les bus et les autocars. En 2025, à l’intérieur du "Ring" ou A 10, ce sera une zone zéro émission pour le trafic routier à l’exception des voitures privées et des motos et les bateaux de plaisance. En 2030, plus aucun véhicule thermique ne circulera à Amsterdam.

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© City of Amsterdam

Londres a elle inauguré l’année dernière en mars 2020 sa première rue interdite de circulation aux véhicules thermiques. Des caméras à reconnaissance de plaque surveillent la zone. Il s’agit de Beech street, une rue couverte qui présente des taux élevés de polluants atmosphériques. Ces zones vont prendre de l’ampleur dans la capitale britannique, elles seront introduites en 2025 puis feront ensuite tache d’huile jusqu’en 2030.

ll existe aussi à Londres une Ultra Low Emisssion Zone qui prendra un nouveau tournant à partir d’octobre prochain : elle sera 18 fois plus grande et épousera les frontières du péage urbain qui existe, lui, depuis près de 20 ans. Concernant l’Ultra Low Emission Zone, l’automobiliste dont la voiture ne respectera pas les normes établies devra payer 12,5 £ chaque jour.

Les médias aiment à répéter que c’est l’une des politiques les plus radicales en matière de lutte contre la pollution.

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© https://tfl.gov.uk/

A noter que d’autres villes ont mis en place des zones de basses émissions, comme à Madrid, "le Madrid Central", Stockholm a elle aussi introduit une LEZ, zone de basses émissions en 2020, Berlin en novembre 2019, etc…


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Rotterdam a, elle, fait marche arrière.

Ces projets de zones zéro émission sont évidemment suspendus aux élections locales et nationales dans ces différents pays.

La vente de véhicules thermiques neufs

Parallèlement à cette question des zones zéro émission dans les villes, se pose une autre question : celle de l’interdiction de la commercialisation de nouveaux modèles à moteurs thermiques. Plusieurs pays se sont déjà engagés dans cette voie : la Norvège sera le premier pays à prendre cette décision en 2025, la Suède lui emboîtera le pas en 2030, le Danemark ou encore l’Irlande.

Plusieurs pays appellent l’Union européenne à prendre une décision dans ce sens. La Belgique en fait partie : "Donner un cap clair au niveau européen permettra aux constructeurs concernés d’innover en faveur de voitures 'zéro émission' à coût abordable", expliquait le ministre Georges Gilkinet en mars dernier.

La Commission européenne doit présenter en juillet une série de textes pour atteindre les objectifs climatiques. A voir si elle se prononcera sur ce dossier. Un rapport de Greenpeace avait établi que la dernière voiture particulière équipée d’un moteur à combustion interne (essence ou diesel, hybride conventionnelle incluse), doit être vendue au plus tard en 2028 pour limiter la hausse globale des températures à 1,5 °C.

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