La société wallonne Univercells dans la course pour un vaccin contre le Covid-19

La première unité de production de vaccins conçue par Univercells était inaugurée il y a un peu plus d'un an.
La première unité de production de vaccins conçue par Univercells était inaugurée il y a un peu plus d'un an. - © S. Vandreck

"C’est une course contre la maladie. Dans le contexte actuel, je ne vois d’ailleurs pas les autres producteurs de vaccins comme des concurrents mais comme des partenaires, parce qu’il faudra que tout le monde y arrive pour pouvoir vaincre cette maladie", précise d’emblée José Castillo, le directeur de la technologie chez Univercells. Cette entreprise wallonne de biotechnologie, implantée à Nivelles et à Gosselies, développe des mini-unités de production de vaccins, qui permettent de fournir une grande quantité de doses en occupant un minimum d’espace et d’opérateurs. Une première unité de production de vaccins contre la polio est déjà active, et deux autres contre la rougeole et la rubéole en cours de développement.

Premiers vaccins espérés fin de l’année

Dans la lutte contre le covid-19, la société wallonne s’est associée à deux partenaires : la société italienne RéiThera et l’allemande Leukocare, qui développent le vaccin à proprement parler. Univercells pour sa part se charge d’adapter son modèle d’unité de production à ce vaccin, pour lequel les études cliniques seront réalisées en juillet. "La technologie de base est la même. Mais ici on passe par un adénovirus, qui grandit sur un substrat différent. Notre mission dans le consortium sera de développer la méthode de fabrication sur cette base", explique José Castillo. Ils espèrent produire leurs premiers vaccins à Jumet d’ici la fin de cette année à destination de la population belge et du sud de l’Europe. "Ensuite, notre ambition est d’exporter des mini-usines pour fabriquer ce vaccin localement dans les pays à plus bas revenus", ajoute-t-il.

Produire à l'échelle locale 

La stratégie de la société, pour réussir à couvrir la totalité des besoins du globe, de passer par une distribution de la fabrication du vaccin, plutôt que par sa centralisation. "Chaque unité de fabrication peut produire entre vingt et cinquante millions de doses par an. Ce n’est évidemment pas un milliard de doses. Notre stratégie sera donc ensuite de travailler avec les pays intéressés tout ce dont ils ont besoin, y compris une mini-usine, pour produire 50 millions de doses par an", poursuit le CTO. Le délai de livraison est évalué à six mois. La société dit vouloir être prêt à exporter une dizaine de ces unités de production dès la fin de l’année prochaine. Sur le plan économique, l’enjeu est important pour Univercells et ses partenaires. Mais son risque est calculé : "Si malheureusement le vaccin développé ne fonctionne pas, l’infrastructure, elle, restera et nous permettra de développer nos autres activités", conclut José Castillo. Aujourd’hui, une vingtaine des 150 collaborateurs d’Univercells travaillent sur ce projet de lutte contre le covid-19.

 

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