Le haut fourneau de Carsid à Charleroi ne sera pas relancé

Vue générale du site Carsid à Charleroi
Vue générale du site Carsid à Charleroi - © SIMON SCHMITT (belpress)

La nouvelle est tombée : Duferco a annoncé la fermeture du site de Carsid ce mercredi matin. L'entreprise sidérurgique était à l'arrêt depuis plus de 3 ans. Un conseil d'entreprise extraordinaire avait lieu ce mercredi matin avec, à la clé, cette mauvaise nouvelle pour les travailleurs déjà en chômage économique. Une assemblée générale des travailleurs est prévue juste après le conseil d'entreprise.

Le groupe Duferco s'était donné jusqu'au 1er semestre 2012 pour trouver une solution concernant le haut-fourneau qui emploie 1000 personnes.

Le conseil d'entreprise extraordinaire était organisé à 9h30 sous la direction d'Antonio Gozzi, le président de Duferco Belgium. Il n'y avait aucune certitude sur son contenu exact mais nombreux sont ceux qui craignaient l'annonce d'une fermeture du dernier haut-fourneau carolo. C'est ce scénario qui s'est vérifié.

"Même s'il y a du soleil dehors, ce n'est pas une belle journée pour Duferco et les travailleurs de Carsid", a déclaré d'entrée Antonio Gozzi, au cours d'une conférence de presse. "J'ai pris mon bâton de pèlerin, j'ai fait le tour du monde pour retrouver un repreneur pour Carsid mais ces efforts n'ont pas apporté de solution", a-t-il reconnu. "Sans avoir un espoir, une hypothèse de solution de crise, traîner, perdre du temps aurait été criminel". "Franchement, pour un sidérurgiste, fermer un haut-fourneau est une des plus grandes tristesses dans une vie professionnelle", a-t-il encore dit.

Parmi les éléments qui ont joué en défaveur de la phase à chaud carolo, Antonio Gozzi a évoqué un "changement de paradigme industriel" depuis 2008 qui, à la faveur d'une forte hausse des prix des matières premières, défavorise les hauts-fourneaux ne disposant pas de minerais à proximité.

L'état de l'économie européenne a également joué en défaveur de Carsid. "L'économie européenne est perçue ailleurs dans le monde comme la moins porteuse", a indiqué le patron de Duferco Belgium.

Antonio Gozzi a aussi souligné les contraintes environnementales européennes. "Il est de plus en plus difficile en Europe de maintenir près du centre d'une ville moderne des usines comme une cokerie ou une agglomération".

Reconnaissant qu'une fermeture de Carsid est "une défaite", Antonio Gozzi a promis que le groupe Duferco allait "réagir" et a souligné les pistes de reconversion possibles via la filiale Duferco Diversifications.

Carsid était en sursis depuis novembre 2008. L'outil était à l'arrêt et un millier de travailleurs placés en chômage économique.

Désormais, c'est la "procédure Renault" sur les licenciements collectifs qui devrait être appliquée.

Le délégué CSC craignait le pire

Hier mardi, Luigi Foladori, président de la CSC Métal Hainaut, déclarait lucidement : "Moi, je suis quand même content que Monsieur Gozzi descende effectivement sur Charleroi. Maintenant, on peut s'attendre à ce qu'il nous apporte toujours la lueur de l'espoir mais on doit aussi s'attendre peut-être à de mauvaises nouvelles. Donc nous sommes très mitigés et on attend effectivement avec grande impatience pour pouvoir nous orienter vers les différentes pistes que nous pourrions prendre demain."

Plusieurs repreneurs potentiels avaient pourtant marqué leur intérêt

"Un Thaïlandais (qui exploite des laminoirs, mais ne dispose pas de sidérurgie à chaud), effectivement, qui aurait pu venir chez nous ; un Italien avec Marceglia, la piste chinoise qui à un moment donné, n'a pas abouti."

Autre piste, le groupe pourrait décider d'exploiter différemment le site

Pourquoi pas la construction d'un four électrique ? "Duferco ou Duferco avec un partenaire qu'il pourrait trouver !"

La CSC plaide pour cette dernière solution. Plus de mille personnes travaillent encore ici : "Nous avons 1006 personnes aujourd'hui exactement reprises sur le site de Carsid et nous avons, au 1er janvier 2012,  une moyenne de plus ou moins 50% du personnel qui a au-dessus de 50 ans."

La fermeture aurait donc un coût social et financier très lourd. Le groupe sidérurgique est-il prêt à aller jusque-là ?

Mathieu Van Winckel et Christine Borowiak

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