Accident mortel à Hyon: mise en cause de la sécurité sur le chantier

Pour comprendre ce qui s’est passé vers 10h50 le jeudi du drame à la rue Pavé Mont en Peine où l’on procède à la construction d’un immeuble de 48 appartements, il faut se remémorer la météo de ce jour d’avril 2011.

Ce jour-là, les conditions climatiques étaient telles - il pleuvait des cordes - que la plupart des ouvriers ne travaillaient pas. Seuls encore présents sur le chantier et sur le point de rentrer au dépôt, le grutier et deux ouvriers, Cédric Maton, de Colfontaine, 30 ans, et son jeune collègue de Jurbise, Julien Père, 20 ans, occupés à la fouille. Quand le grutier ne les voit plus, il est trop tard. Les deux jeunes ont été ensevelis, prisonniers de la masse de terre qui s’est abattue sur eux.

Le procès pour homicide involontaire par défaut de prévoyance va devoir établir les responsabilités entre l’architecte, l’entreprise, le grutier… Le témoignage du livreur de béton ce mardi va peut-être y contribuer. "Ce qu’il a pu nous dire, explique Franck Discepoli, l’avocat de la famille de Julien Père, c’est qu’il était présent dans les quinze jours qui ont précédé et que systématiquement depuis quinze jours, on travaillait de la même manière, c’est-à-dire que les "L" étaient posés sans que l’on talute le trou (aucune pente n’était pratiquée, ndlr), ce qui veut dire sans qu’on prenne la moindre précaution."

L’avocat conclut que si l’on procédait de cette manière depuis quinze jours et que l’on a constaté qu’après l’accident on était capable de le faire, c’est que manifestement la pratique devait être visible et que personne n’a rien dit pour mettre en place une sécurité suffisante. La prochaine audience se tiendra le 3 juin.

Vincent Clérin et Fabrice Gérard

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