La résidence Massimo de Gosselies était une "maison pirate"

La résidence Massimo, à Gosselies.
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La résidence Massimo, à Gosselies. - © RTBF

Le mandat d'arrêt à l'encontre du directeur de la résidence Massimo à Gosselies est prolongé d'un mois. La semaine dernière, les 46 résidents ont été évacués. Les services sociaux ont découvert des tas de poubelles accumulées, des résidents qui n'étaient pas soignés et des conditions d'hygiène épouvantables… On parle aussi de détournement d'argent.

Toutes ces personnes ont été relogées mais tout n'est pas réglé pour autant. Loin de là.

Il faut comprendre que parmi ces 46 résidents, il y a ceux qui ont été refusés partout ailleurs. Ceux qui cumulent plusieurs problèmes (drogues, alcool, handicap, psychiatrie, violence…). Et puisqu'on ne sait pas quoi faire avec eux, ils atterrissent dans ce qu'on appelle des "maisons pirates".

Aucun subside, aucune existence officielle mais tout le monde les connait : les services sociaux, les hôpitaux, le CPAS de Charleroi... Pour la directrice générale du relais social de Charleroi, Geneviève Lacroix "à un moment donné les dispositif d'urgence sociale n'ont pas d'autre choix que de travailler à la marge avec des solutions comme ces maisons pirates qui sont à la marge aussi. Avec les risques qu'on voit aujourd'hui. Il n'est pas question de défendre les conditions de vie dans cette résidence Massimo. Mais il faut savoir que les travailleurs sociaux de terrain ont de réelles difficultés pour trouver des solutions alternatives."

Mais faute de place ailleurs, ces personnes ultra-fragiles se retrouvaient dans cette structure illégale. Des travailleurs sociaux du relais social de Charleroi se chargeaient d'ailleurs de surveiller cette maison pirate.

Tout le monde s'accordait pour dire que ce n'était pas l'idéal mais que les résidents étaient pas trop mal traités. La justice a même fait une descente là-bas en 2015 sans intervenir. Visiblement les choses se sont dégradées très vite ces dernières semaines. Et s'il existe d'autres"maisons pirates" qui sont très bien tenues et où les résidents sont bien traités, c'est tout le problème de ces hébergement, ils ne sont pas suffisamment contrôlés.

Les personnes relogées ne sont pas tirées d'affaire.

Les résidents risquent à nouveau de connaitre une période difficile. Pourquoi ? Parce que pour le moment, elles sont accueillies dans des maisons de repos. Solution provisoire intenable sur le long terme : ces personnes sont trop jeunes pour être en maison de repos et leurs difficultés ne peuvent pas être accompagnées par le personnel de ces structures-là. Et donc rebelote : leur cas est trop compliqué et certains vont être mis à nouveau dehors, à la rue.

Geneviève Lacroix du relais social carolo dénonce d'ailleurs cette fermeture urgente de la résidence Massimo. "Nous aurions pu préparer le terrain et tenter de trouver des solutions mêmes si elles sont difficiles pour toutes ces personnes".

Pour Sophie Crapez la coordinatrice de l'asbl "Le Rebond" à Charleroi, ça veut donc dire qu'il manque des structures d'accueil pour les cas complexes. "Pour ces personnes-là en particulier, des structures avec un accès "bas seuil", c’est-à-dire qui cumulent des problématiques sévères et multiples. Ils peuvent à la fois avoir un trouble de santé mentale et, éventuellement, un problème de toxicomanie ou avec la boisson… Des endroits où ils peuvent continuer à boire, à consommer de la drogue mais où ils sont encadrés. Il existe bien plusieurs structures de ce type en Région wallonne mais elles sont généralement très petites et plutôt pilotes, et sont rapidement complètes."

Un manque de moyens et de places qui pousse donc le secteur social à jouer avec la légalité. Avec les conséquences qu'on connait à Gosselies.

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