La psychiatrie autrement dans une expo photos à Couillet

La galerie Jacques Cerami à Couillet accueille jusqu'au 05 mars des photos de Vincen Beeckman. Pendant un an et demi, il a capté des instants de vie à La Devinière à Farciennes. La Devinière, c'est un lieu de psychothérapie alternative où ceux qu'on appelle les gosses vivent libres et sans traitement médicamenteux. Le photographe nous plonge dans leur quotidien.

"La vie, tout simplement"

"Je ne veux rien montrer en particulier", explique Vincen Beeckman, "Je prends une photo quand je sens que c'est le moment, quand j'ai envie de le capturer. Une fois développé, le cliché raconte des tensions, des regards, des absences ou des rêveries. C'est la vie tout simplement. Ça peut paraître brut, mais c'est comme ça que je fais".

Un photographe perçu comme un ami par certains des gosses. Invités au vernissage de l'exposition, ils étaient visiblement ravis de se découvrir en photo. "Ça me fait plaisir", nous confie Philippe. "C'est beau, ça me plaît, je suis un peu comme une star", ajoute Jean-Claude.

Loin des camisoles

Il faut dire qu'avant La Devinière, le quotidien de ces patients en centre fermé était plus que pénible. Jean-Claude nous explique : "J'ai eu des piqûres dans le dos, j'ai été dans une camisole et même dans un carcan, ça a duré comme ça pendant des années. Puis un jour, un monsieur qui connaissait Michel l'a appelé pour lui dire qu'il avait un sale gamin pour lui. Michel a réfléchi, puis il m'a pris".

Pas de sur-médication

Michel, c'est Michel Hock, celui qui a fondé La Devinière en 1976 il y a 40 ans. L'objectif, notamment, proposer une alternative à la sur-médication, un problème toujours d'actualité. Michel Hock insiste : "Il faut arrêter avec la folie chimiothérapeutique. Aujourd'hui quand quelqu'un ne s'adapte pas aux règles, c'est-à-dire s'il n'est pas sage... On augmente sa dose. Et on augmente encore jusqu'à ce qu'il risque d'en crever".

"On vit notre folie naturellement"

En 40 ans, ceux qui ont été pris en charge à La Devinière ont commencé une nouvelle vie. C'est le cas de Philippe, arrivé en 1986, il nous confie : "Il faudrait plus de maisons comme la nôtre. Chez nous, on vit naturellement, on n'a pas de camisole, on n'est pas bourrés de médicaments. On peut dire qu'on vit notre folie naturellement, comme tout le monde".

Des hommes et des femmes comme tout le monde photographiés dans ce lieu unique en Belgique par Vincen Beeckman, sans hypocrisie ni tabou.

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