La Protection civile de Ghlin est-elle vouée à disparaître?

La Protection Civile de Ghlin est notamment intervenue après l'attentat du métro de Maelbeek
La Protection Civile de Ghlin est notamment intervenue après l'attentat du métro de Maelbeek - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Une réforme des services de la Protection civile est annoncée pour janvier 2018. Elle prévoit une réduction du nombre de casernes sur le sol belge: de six actuellement, on n’en garderait que deux, une en Flandre, une en Wallonie. Cette réforme prévoit aussi une diminution du personnel d’environ 30%.

Aujourd’hui, à Ghlin, c’est le règne de l’incertitude: "Il y a un très gros malaise depuis 3-4 ans et on n’a jusqu’ici obtenu aucune réponse claire, ni de la part de notre Direction générale, ni de la part du cabinet du ministre de l’Intérieur. Et ça crée une très mauvaise ambiance de travail", témoigne le commandant Jean-Paul Filbiche, délégué CSC. Engagement de personnel, commandes d’habillement, rénovation des bâtiments… Tout est gelé en attendant que le sort de la caserne de Ghlin soit scellé.

Crisnée favorite

Même si cela n’a pas encore été confirmé officiellement, il semblerait que la caserne de Crisnée, en province de Liège, soit favorite comme seule caserne wallonne. Une aberration, pour le commandant Joëlle Brouillard, déléguée CGSP: "Il y a déjà la distance pour le personnel et la fréquence des trajets, vu que les horaires seraient modifiés. Mais nous sommes aussi en Hainaut la province wallonne qui compte le plus de sites Seveso, les distances à parcourir pour venir en appui des services incendie sur ces sites serait beaucoup plus grande. On parle aussi de confier certaines des missions actuelles de la Protection civile vers les zones de secours. Or je ne suis pas sûre que le budget du fédéral soit totalement transféré vers ces zones. Les communes risquent dès lors de devoir les financer davantage, avec des répercussions pour le citoyen".

"On n’a pas de propositions claires"

Tout le personnel ne serait pas cela dit recasé à Crisnée : il est prévu de diminuer le nombre d’effectifs d’environ 30%. La caserne de Ghlin compte aujourd’hui 120 agents, seuls 90 d’entre eux continueraient à travailler pour la Protection civile. La moyenne d’âge à Ghlin étant de 52 ans, une partie d’entre eux pourraient être dans les conditions pour partir en prépension en 2018.

Quant aux autres, ils pourraient être reclassés dans d’autres services. On parle de recaser certaines personnes dans les zones de secours, mais il faut voir selon quels critères. On parle aussi d’assurer le transport pour le Commissariat général aux Réfugiés. Mais on n’a pas de propositions claires devant nous, une base sur laquelle négocier", déplore Jean-Paul Filbiche.

Le temps presse

Ces négociations ne sont, pour l’heure, pas à l’ordre du jour. Les contacts avec le cabinet du ministre Jambon restent jusqu’ici informels. "Cela semble bloqué au Kern, puisque certains membres du gouvernement semblent ne pas accepter cette suppression pure et simple de quatre casernes, explique Joëlle Brouillard. Nous attendons. Pour le moment, rien de concret n’a été mis sur la table. Nous regrettons d’ailleurs que notre direction générale se retranche derrière cela pour ne pas faire avancer certains dossiers".

Les agents de la Protection civile attendent néanmoins une réforme, "mais pas n’importe comment!, insiste Jean-Paul Filbiche. Le personnel professionnel est sous-payé, les volontaires sont plus que sous-payés et certains, comment les agents de la brigade cynophile, doivent même payer de leur poche pour assurer cette activité qui se rapproche d’un sacerdoce. Il y a de grosses disparités (ndlr, par rapport aux pompiers) qui devraient s’aplanir avec cette réforme. Mais faut-il pour autant accepter que 30% du personnel disparaisse?".

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