La prime Bruxellair n'a plus autant la cote

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Illustration - © Flickr: Electronic Illusions

La prime Bruxellair est octroyée par la Région bruxelloise à tout bruxellois qui se débarrasse de son auto au profit du transport public ou du vélo. Cela fait plus de quatre ans qu'elle existe. Si elle a rencontré un certain succès au départ, le nombre de demandes a baissé de plus de 20% depuis 2008.

L'un des buts de la prime Bruxellair est de désengorger la ville. Cette prime est octroyée par la Région à tout Bruxellois qui se débarrasse de sa voiture. Pratiquement, si l’on fait radier sa plaque d'immatriculation, on peut choisir entre 'un bon de 500 euros pour un vélo + un abonnement Cambio' ou prendre 'un abonnement Tram-métros-Bus, toujours avec l'abonnement Cambio'.

La formule a convenu a de nombreux utilisateurs, tel qu’Harold Fallon, Ixellois, et père de trois enfants. Le matin, avant de gagner son bureau d'architecture de Schaerbeek, voilà son quotidien : "Je les pose dans le tram, ainsi que mon épouse. Je roule à vélo à côté du tram et les récupère à l’arrêt, de façon à aller à l’école à pieds. Et de là je continue mon chemin à vélo, et mon épouse va en transports publics."

C'est qu'il y a deux ans, la famille Fallon a décidé de profiter de la prime Bruxellair. Elle a troqué son auto contre un abonnement Cambio et une prime de 500 euros pour un vélo. "Ca fonctionne assez bien, ça demande un peu de discipline pour les réservations de voiture, les durées, les locations, etc., explique Harold Fallon. On a l’impression que, financièrement, on est plutôt gagnant."

Baisse de 25% des demandes de prime

D'après une récente étude, quasi tous les bénéficiaires de la prime en sont satisfaits. Deux tiers disent même avoir gagné au change. Pourtant, l'an dernier, 1400 Bruxellois seulement en ont fait la demande, contre 1800 encore il y a deux ans. Une diminution qui s'explique probablement par l'absence de campagne publicitaire. C'est du moins ce que pense la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo) : "On n’a pas fait de campagne de communication cette dernière année par rapport à cet outil-là. C’était un choix, budgétairement on a effectivement dû faire certaines priorités. Et en matière de communication, nous avions plutôt axé sur tout ce qui était éco-construction, isolation mais aussi sur la campagne de communication sur 'comment combattre les pics de pollution' où l'on mettait en avant le covoiturage. Donc je pense que c’est principalement lié au fait qu’on n’a pas lancé de campagne de communication."

Par ailleurs, l'impact de cette prime sur l'environnement, est difficile à chiffrer. Les bénéficiaires disent utiliser davantage les transports en commun et le vélo qu'auparavant.

Il reste à savoir si la prime a réellement contribué à changer des mentalités, ou si elle a juste récompensé des convaincus, comme les Fallon : "En fait on fonctionnait déjà assez bien comme ça, et maintenant on est ‘obligé’ d’une certaine manière. On n’a pas dû adapter nos modes de déplacement, ça les a plutôt accentués."

Même avec un budget un peu plombé, il n'est pas question pour le moment de la disparition de cette prime. Evelyne Huytebroeck aimerait d’ailleurs à l'avenir y inclure le vélo électrique, pour les moins sportifs d'entre nous.


B. Boulet - N. Nahjari

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