A Laeken, une première maison pour les "jeunes aidants proches", nombreux et pourtant invisibles

La première maison pour les "jeunes aidants proches" ouvre à Laeken
La première maison pour les "jeunes aidants proches" ouvre à Laeken - © Tous droits réservés

Une maison pour "jeunes aidants proches" est inaugurée ce mercredi à Laeken. Elle vise donc les personnes de moins de 25 ans qui apportent chaque jour de l'aide à un parent ou un ami parce qu'il est porteur d'un handicap, souffre d'une maladie, ou a été victime d'un accident. Avec cette maison, l'objectif de l'ASBL "jeunes et aidants proches" est de leur offrir un lieu pour discuter, se reposer, faire des activités. Bref, un lieu de répit inspiré de ce qui se fait déjà en Angleterre depuis plusieurs années.

Au niveau des nerfs, ça met une pression

Romane, 23 ans, s'occupe avec ses deux sœurs de sa maman malade au passé alcoolique. Et le quotidien n'est pas toujours facile. "Quand elle était alcoolique, elle faisait régulièrement des crises et se mettait en danger. On assistait à ça en rentrant de l'école", explique Romane. "Encore aujourd'hui, elle a régulièrement des problèmes de santé donc ça signifie gérer les hospitalisations, être présent pour elle. Au niveau des nerfs, ça met une pression. Pour mes soeurs et moi, ça a été très difficile à gérer et ça l'est encore par moment." "Au moins", ajoute-t-elle "on a la chance d'être trois. Pour les enfants seuls c'est beaucoup plus difficile".

La maison pour "jeunes aidants proches" accueillera boulevard de Smet de Naeyer des jeunes comme Romane les lundis, mercredis et samedis. "Bien souvent, ce sont des jeunes qui n'ont pas cet espace là pour eux", explique Julie Dupont, chargée de mission. "A la maison, ils sont très vite pris dans le quotidien, dans l'aide qu'ils doivent apporter à leur proche ou au reste leur famille. Ils doivent souvent gérer le ménage et la fratrie."

Ici, ajoute-t-elle, "ils peuvent même se reposer. On a créé une chambre avec un lit. On s'est basé sur les demandes et les envies exprimées par les jeunes aidants avec lesquels on est en contact".

Ce sont les camarades de classe de vos enfants

L'ASBL organise déjà depuis un an des groupes de paroles entre jeunes aidants, auxquels Romane a assisté. "On y peut échanger librement, en sachant qu'on se comprend les uns les autres", explique-t-elle. "Il y a des choses que l'on a même pas besoin de dire. On sait que ce n'est pas facile et que, parfois, les nerfs lâches et on se sent dépassés. Ca fait du bien de ne pas se sentir seul et se donner des conseils les uns les autres."

Selon une recherche réalisée par l'ASBL dans plusieurs écoles secondaires, 2 à 3 élèves par classe seraient des "jeunes aidants proches" à Bruxelles. "C'est un chiffre assez conséquent et pourtant, ces jeunes passent souvent inaperçus," dit Julie Dupont, "mais ce sont les frères et soeurs d'une amie ou les camarades de classe de vos enfants."

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