La police verviétoise traque les domiciles fictifs

Ce sont les policiers de quartier qui effectuent cette tâche en se rendant à l'improviste au domicile des personnes concernées. Là, l'identité des personnes n'est pas le seul objet de vérification.

Parmi les inspecteurs chargés de ces visites domiciliaires, l'inspecteur Fabrice Hendricks : "Je regarde d’abord le nom sur la sonnette et sur la boîte aux lettres. A l’intérieur, je fais diverses vérifications : simplement vérifier si je m’adresse aux bonnes personnes, puis vérifier si tout ce qui doit se trouver dans l’habitation s’y trouve : chambre à coucher, cuisine, minimum de nourriture, salle de bain, salubrité. S’il n’y a pas ça, c’est suspect".

Lors de ses visites du jour, divers cas de figure se sont présentés. Dans le premier, l’inspecteur a relevé des anomalies : "Il n’y a pas de nom sur la boîte aux lettres ou sur la sonnette. Administrativement, on se rend compte aussi qu’il y a un second enfant mais qu’il n’est pas inscrit à cette adresse, donc il va falloir que je continue à travailler sur ce dossier pour voir les raisons. Il y aura donc des vérifications ultérieures".

Tout n’est pas fraude

Autre cas de figure : un hébergement au sein d’une autre famille, mais apparemment sans tentative de fraude : "Visiblement ici c’est un hébergement pratiqué pour aider une personne. Maintenant, il faut qu’un minimum de conditions soient respectées au point de vue du logement et de l’habitation. Il ne faut pas qu’il y ait surpopulation. Il faut voir aussi si la personne vit réellement là ou si c’est simplement une adresse de complaisance. Ici, j’ai pu voir que les gens vivent réellement à cette adresse donc l’inscription au registre de population pour être administrativement en ordre sera effectuée".

Dans une troisième habitation, une demande de domicile qui peut manifestement être mis en doute : "Ici je suis déjà passé deux fois, sans prévenir, et je constate que de nouveau le nom de la personne n’apparaît nulle part. Donc après plusieurs passages, je vais faire un refus, qui pourra éventuellement être contesté".

La fraude sociale consiste notamment à ce que les deux membres d'un couple se domicilient à des adresses séparées afin de toucher deux fois le montant chef de ménage des allocations de chômage. Et cette fraude n’est pas rare : "C’est assez fréquent dans une ville paupérisée. En 2014, on a eu près de 500 demandes refusées pour la zone Vesdre et entre 800 et 900 propositions de radiation d’office pour des personnes dont on a constaté par la suite une domiciliation fictive", explique le commissaire Roland Hubert.

Ce type de visite de vérification s’effectue dans toutes les zones de police.

Olivier Thunus

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