La poétesse louviéroise Jacqueline Boitte a la tête dans les éstwales !

Jacqueline Boitte
Jacqueline Boitte - © Tous droits réservés

C’est une très belle distinction que s’est vu attribuer la louviéroise Jacqueline Boitte : elle vient de recevoir le "Prix triennal de poésie en langue régionale endogène 2020-2023" qui couronne, au niveau de la Fédération Wallonie Bruxelles, le meilleur recueil de poésies en wallon. Un prix qui est donc décerné 1 fois tous les 3 ans. La poétesse de 73 ans, fort active dans le domaine du théâtre en wallon, des émissions wallonnes en radio et en télé, est ici récompensée pour son recueil de 20 poésies intitulé "éstwales", étoiles. Et pourtant, le wallon n’était pas une évidence quand elle était petite : " mes grands-parents parlaient le wallon, mais pas avec moi ! Moi, je devais parler en français, la " belle " langue. Mais à force de l’entendre parler, je le comprenais passivement. Ce qui a été le déclic, c’est mon père faisait du théâtre en wallon. J’entendais ses lectures de pièce, et parfois, il me demandait de lui donner la réplique, c’était très gai ! ".

Au fil de ses multiples aventures et expériences culturelles (elle fait notamment partie du Studio Théâtre, est membre de l’Association des Scrîveux du Cente) , Jacqueline a développé une envie d’écrire en wallon. Un premier recueil, " Keûr ô Lardje " et ce second opus, " Èstwales ". " L’étoile, c’est de multiples références : l’étoile jaune de la barbarie nazie, l’étoile dans le firmament quand on pense à ses chers disparus. Il y a aussi l’étoile qui permet de se diriger dans le noir, l’étoile sur le costume du Gilles, l’étoile sur le plumier de sa petite copine… Vous voyez, il y a le choix ! ". Jacqueline a mis un peu plus de deux ans pour écrire la vingtaine de poésies. " Pour écrire en wallon, il faut penser en wallon, sinon les tournures phrases ne sonnent pas bien, elles ressemblent à du français traduit, ça ne va pas. L’écriture est différente du français, elle est plus musicale. Il y a un rythme qui existe en wallon et qu’on ne retrouve pas en français. Et puis, il y a un accent tonique, ça aide. D’ailleurs, les gens qui ont des difficultés avec la lecture d’un texte en wallon, je leur conseille de lire à voix haute, ils comprendront ! ".

Jacqueline Boitte a appris qu’elle avait reçu ce prix en septembre dernier. La cérémonie de remise du prix n’a pas pu se faire, en décembre, ce qui la désole. Elle avoue être très fière de cette distinction : " j’ai déjà reçu d’autres prix, mais celui-ci est le plus prestigieux parce qu’il est mis sur le même pied qu’un prix en français. Il n’est pas considéré comme un entre-soi, un pré carré des Wallons, c’est une récompense au niveau de toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, et c’est très agréable ! "

Si vous souhaitez vous procurer ce recueil de poésies, il vous suffit d’envoyer un petit mail à l’auteure à l’adresse suivante : boittejacqueline@gmail.com

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