La pétition contre les élus d'Islam émane de militants d'extrême-droite

La pétition veut interdire les deux élus d’Islam de siéger à Molenbeek et Anderlecht.
La pétition veut interdire les deux élus d’Islam de siéger à Molenbeek et Anderlecht. - © RTBF

Une pétition circule en ce moment sur internet pour demander l'interdiction de siéger des deux élus du parti Islam à Molenbeek et Anderlecht. Or, cette pétition émane de militants d'extrême-droite. Parmi les premiers signataires, certains spécialistes ont en effet retrouvé la trace de candidats d'une des multiples dissidences du Front national.

Comme souvent, les militants de la nébuleuse extrémiste de droite s'avancent masqués. C'est d'autant plus facile que le site "La pétition.be" cache les noms des signataires, ne conservant que le prénom, le lieu de résidence et la profession. Pour autant, la présence de militants issus du Front national ou d'une de ses excroissances ne fait guère de doute.

L'initiateur de la pétition s'appelle Manuel Cailleeuw, un habitant de Courcelles, dans la région de Charleroi. Lors des élections provinciales du 14 octobre, il était candidat sur la liste FNW, la Fédération des Nationalistes Wallons. Auparavant, il a appartenu au Front national. 

Un autre signataire s'avère parfaitement identifiable. Il s'agit de Georges-Pierre Tonnelier, une figure bien connue de l'extrême-droite bruxelloise depuis plus de dix ans. L'un des signataires est également à l'initiative d'une pétition contre l'installation d'une mosquée à Lodelinsart, une autre commune de la périphérie de Charleroi.

Bref, la demande d'interdiction du parti Islam représente, pour la mouvance d'extrême-droite francophone, une opportunité de sortir de la marginalité politique. Elle pourra bientôt revendiquer le succès d'une pétition ayant rassemblé en quelques jours plus de 20 000 signatures. Même si la plupart des signataires ignorent l'origine sulfureuse de l'initiative.

Philippe Carlot

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