La pauvreté à la campagne, cela existe aussi

Certaines familles vivant à la campagne éprouvent parfois beaucoup de difficultés pour assumer leur mobilité au quotidien (illustration).
Certaines familles vivant à la campagne éprouvent parfois beaucoup de difficultés pour assumer leur mobilité au quotidien (illustration). - © Flickr –Sam Nimitz

Quand on pense à la pauvreté, c'est souvent l'image des villes et de leurs cités qui vient à l'esprit en premier lieu. Pourtant la pauvreté à la campagne existe aussi. Elle est même très présente dans certaines régions du sud de la province de Namur comme la région de Couvin; ou dans certaines parties de l'Ardenne.

La pauvreté avec ses spécificités liées aux zones rurales, touche aussi bien les parents que les enfants. Les trajets et les distances à parcourir sont le problème numéro un pour Cindy Doster, qui est mère au foyer. Elle élève seule ses quatre enfants dans une petite maison de campagne reculée. Elle survit avec le revenu d'intégration sociale.

Pas question de s'acheter une voiture. Ici le bus passe deux fois par jour. Alors chaque journée pour se déplacer c'est la débrouille, notamment pour aller à l'école :

"A l'école les enfants sont bien habillés, ils ont de belles voitures. Les miens ne sont pas invités aux anniversaires. On ne vient pas chez nous, et s'ils sont invités, je n'ai pas la possibilité de les conduire. Ils vivent cela très mal, et on ne peut même aller se promener à vélo."

Ce manque de mobilité transforme tous les gestes du quotidien en challenge. Comment amener son enfant malade chez le médecin ? L'accès aux soins de santé se restreint, et à leur coût élevé s'ajoute tout le volet mobilité. Christine Mahy, secrétaire générale du réseau wallon de lutte contre la pauvreté : "Il y a des enfants en ruralité, touchés par des aspects spécifiques, comme l'accès à la culture, à l'ONE, à des activités... C'est un problème de mobilité mais qui affecte des familles en difficultés, puisqu'il faut financer ces déplacements. Et une voiture c'est un deuxième trou dans le budget."

Ne pas pouvoir se déplacer c'est s'isoler encore un peu plus socialement précise Elise Jacquemin, la directrice du miroir vagabond : "On ressent cela au miroir; des familles perdues dans leur petit village au milieu des bois. Difficile de se faire des amis si on ne peut jamais aller jouer chez eux. De plus, à la campagne, la pauvreté est très visible. Tout le monde se connaît et les stigmatisations ont la vie dure."

Anaïs Stas