La parole aux prostituées de Bruxelles dans la pièce "Sous les néons du désir"

La parole aux prostituées de Bruxelles dans la pièce "Sous les néons du désir"
La parole aux prostituées de Bruxelles dans la pièce "Sous les néons du désir" - © Tous droits réservés

La pièce "sous les néons du désir" aborde de front un sujet qui reste tabou: la prostitution. Pendant un an, l'auteure et conteuse Véronique de Miomandre a rendu visite à une vingtaine de prostituées entre St-Josse, Schaerbeek et le quartier Yser. Seule sur scène et vêtue d'une robe rouge à paillettes, la conteuse devient le visage et la voix de ces prostituées.

"J'essaie de porter leurs diverses paroles", confie Véronique de Miomandre, "ce qui est intéressant c'est que chacune a son point de vue, son histoire, sa façon de procéder. J'avais envie qu'on écoute vraiment qui elles sont et qu'on les respecte pour ce qu'elles font, parce qu'elles font un métier très dur."

J'ai beaucoup ri

Cette dureté n'exclut pas le rire, omniprésent dans la pièce et dans les rencontres qu'elle a eues avec les prostituées. "J'ai beaucoup ri avec toutes les filles que j'ai interviewées", explique la conteuse. "Quand il y a quelque chose de vraiment difficile à traiter, le rire est une arme, le meilleur des paravents."

Pourquoi avoir eu envie de se pencher sur ce sujet? "C'était plus que de la curiosité, c'était de l'intérêt. Parfois, j'entendais dans les conversations 'Celui-là, il va chez les prostituées' et les femmes avaient l'air très choquées", explique Véronique de Miomandre. " Je sentais qu'il y avait quelque chose de tabou, de réprouvé et en même temps de lumineux là-dedans, qui attirait manifestement les hommes. Je voulais savoir ce que c'était."

Et quand ces femmes viennent la voir...

Lorsqu'elle joue son spectacle, Véronique de Miomandre reconnaît dans le public les visages devenus familiers de ces femmes. "Elles ont ri et elles ont pleuré aussi. Il y en a une qui est souvent venue me voir et m'a dit 'ça me donne le moral de venir te voir'", confie la conteuse. "Ce qui est beau aussi, c'est qu'elle regarde les gens autour d'elle pour voir comment les gens réagissent à ce que je dis. En fait, c'est sa parole qui est dans ma bouche et elle regarde ce que les autres en pensent."

Elle ajoute: "Peut-être que ça remonte ce qu'elle pense d'elle-même, qu'elle se dit 'tout le monde a l'air d'accepter. Ce que je fais n'est peut-être pas si terrible que ça finalement."

Actuellement, Véronique de Miomandre se rend toujours à Yser, St-Josse ou Schaerbeek pour rencontrer ces femmes. Elle projette de regrouper tous ces témoignages dans un livre.

Entre-temps, sa pièce "Sous les néons du désir" est à découvrir ce mercredi 6 février au centre culturel de Schaerbeek, et le 18 mars au Centre Culturel Le Palace à La Louvière.

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